‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 436 sur 776 · Cf. V · texte numérisé non relu

Cf. V

PllÉPAIlATIFS DE LA CONQUÊTE DE LA BRETAGNE. 317

comme son ennemi, mais César seul; à moins, ujoutail Torateur, que Rome ne fût atteinte de folie '. Elle l'était bien, en effet, depuis les journées de Lucques, et la parole de Caton, cette fois de plus, ne put rien contre la démence de tous. Le sénat * crut tout ce que César et les consuls lui dirent, et l'on décréta vingt jours d'actions de grâces-, cinq jours de plus que pour la conquête de toute la Gaule, deux fois plus que pour Mithridate, quatre fois plus que pour Jugurtha^ Cicéron, dont l'âme mobile et crédule suivait volontiers l'opinion populaire, oublia qu'un an auparavant il avait souliaité de César l'avènement de la paix romaine *, et il se réjouit publiquement de ce que le peuple se refusait désormais à fixer des limites à son empire ^

Aussi le proconsul put, ouvertement, préparer pendant tout l'hiver contre la Bretagne une formidable expédition. En automne, avant de quitter son armée pour revenir en Italie, il laissa à ses légats des instructions minutieuses. Et en son absence, six mois durant, on ne cessa de travailler dans les camps de l'intérieur, sur les ports maritimes, le long des fleuves, dans les forêts et sur les rivages. La Belgique semblait transformée en un vaste chantier, où le légionnaire était charpentier et forgeron®. Sur la Marne, à Meaux, les futaies de la Brie fournirent la matière de soixante navires, qui furent achevés sur place ' ; vingt-huit vaisseaux longs, six cents bâtiments de transport, se construisirent un peu partout*. D'Espagne arrivaient des convois de matériaux, métial ou sparte, pour gréer la flotte *. On entassa des vivres dans les magasins, des milliers de bêtes

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