V, 1, 4. Cf. t. I, p
de somme dans les parcs'. Et comme, sur l'ordre de César tous les bateaux pouvaient marcher à la rame^ il fallut réunir, pour cette flotte de 800 carènes, une multitude prodigieuse de rameurs. Elle porterait cinq légions, plus de 2000 cavaliers, au moins 20 000 soldats^ : ce qui, avec les matelots et les valets, fit près de 50 000 hommes que César allait jeter sur les côtes de Bretagne.
Mais l'expédition militaire se doubla, comme toujours, d'une entreprise commerciale. Tous ceux qui partaient pour l'île se préparèrent en vue du butin à ramasser, métaux ou esclaves : les officiers de l'état-major et les marchands italiens eurent leurs vaisseaux à eux; chacun équipa le sien à sa guise et suivant ses ressources*. Il semblait qu'on voulût, non pas seulement conquérir la Bretagne, mais en emporter tout ce qui pouvait être pris. A la même date, Crassus organisait de façon semblable sa guerre d'Orient, contre les Parthes et vers les Indes ^ En aucun moment de sa vie, Rome ne parut davantage « la bête » monstrueuse qui veut étreindre toutes les terres ^
De ses résidences italiennes. César conviait le monde à la curée qu'il dirigeait. Ce fut, cet hiver (35-54), le temps où For transalpin afflua. Son préfet Mamurra, son légat Labiénus, d'autres sans doute, commençaient à se faire bâtir leurs somptueuses demeures d'Italie'; le proconsul entreprenait à ses frais, en pleine Rome, ce nouveau forum pour lequel on parlait déjà de plus de soixante millions de sesterces à dépenser"; Cicéron lui empruntait de fortes sommes % et son frère