Cf. p. KiO-l
HESITATIONS ET RETAUnS DE HESAH. 353
acquis à la cause j^auloise, drclarait (jii'il ne fallait point s'embarquer, et exposait son plan d'insurrection générale. Quelques-uns l'écoutèrent, mais beaucoup racontèrent tout à César'.
Le général ne le perdait pas de vue. Quand Dumnorix le supplia de le laisser en Gaule, prétextant tantôt sa peur de la mer et tantôt des scrupules religieux, il lui intima Tordre de s'embarquer-. Mais le jour du départ, l'Eduen profita du désordre pour quitter le camp à cheval, à la tête des hommes de sa nation ^
César ne pouvait laisser derrière lui ce fauteur de troubles. 11 lança tous ses cavaliers à sa poursuite, avec ordre de le ramener mort ou vif. Dumnorix fut rejoint, et résista bravement. On le tua, et les Eduens, qui paraissent l'avoir peu défendu, revinrent à César*. — C'est le plus fameux des chefs gaulois qui disparaît. Avant de mourir, il s'était écrié qu'« il était libre et appartenait à une cité libre » ^ : suprême déclaration d'indépendance, jetée presque à la face de César, au nom des vaincus et par celui-là même qui aurait dû être leur chef. A sa dernière heure seulement, dans le geste et le mot qui provoquèrent sa mort, Dumnorix rencontra l'attitude du devoir.
Toutes ces affaires, Dumnorix après Indutiomar, montraient à César que la Gaule n'était point sûre, et qu'avant de prendre de nouvelles terres, il fallait consolider ses premières conquêtes. Mais différer une entreprise grandiose, escomptée par tant d'Italiens et déjà rêvée par les poètes, la remplacer par d'obscures campagnes® contre des peuplades depuis longtemps connues, cela lui parut indigne de sa gloire et de la majesté du peuple romain. Le signal du départ fut enfin donné. Il laissait, pour surveiller la Gaule, deux mille cavaliers, trois légions, et
2. V, 6, 3-4; 7, 1-3. A cause de la pleine lune (cf. p. .3oG, n. 7)?