V, 3, 2-3 et
d'utiles auxiliaires que César entendait emmener ; ces 4000 cavaliers représentaient le meilleur, de la noblesse' : une fois passés de l'autre côté du détroit, ils deviendraient le plus beau lot d'otages qui pussent garantir au proconsul la fidélité de toute la Gaule, et ce départ de César, loin d'ouvrir aux patriotes de nouveaux espoirs, consacrait leur impuissance^.
Tout était donc prêt, et cependant César ne partit pas encore. Durant vingt-cinq jours il resta immobile à Boulogne, perdant en vaines attentes le meilleur mois de la guerre (juin-juillet^). Il allégua plus tard que les vents du nord-ouest n'avaient cessé de souffler, empêchant de mettre à la voile* : c'est possible, mais il se peut aussi qu'il ait eu de nouveaux soucis, venus de Rome ou de la Gaule. En tout cas, dans le désœuvrement du camp, les imaginations travaillaient ^ etDumnorixse résolut enfin à tenter quelque entreprise.
Depuis six ans, la vie de ce chef se passait dans des alternatives de grands projets et de misérables échecs. Il concevait de glorieux desseins, et, pour les exécuter, n'imaginait que des moyens médiocres, complots et trahisons. Toujours prêt à trahir César, il ne cessait de le servir; il rêvait de rendre la liberté à la Gaule*, et il se laissait offrir la royauté par le proconsul. Même, il commit la sottise de parler de cette offre dans le conseil de son peuple, ce qui brouilla tout le monde ensemble, les Eduens, César et Dumnorix*. Celui-ci demeura toujours l'homme des situations fausses. En ce moment, il lâchait Rome, et ne parlait plus que d'indépendance. Dans le camp, il allait mystérieusement de l'un à l'autre chef, donnait sa parole qu'il était tout