III. — DÉBUT DE L'INSURRECTION : LE ROLE DES DRUIDES
Les conjurés commirent coup sur coup deux fautes irréparables : ils n'attendirent pas le départ de César, et ils ne se concertèrent pas pour prendre les armes tous le même jour. La première échauffourée se produisit presque sous les yeux du proconsul, qui se tint pour averti; et les autres suivirent, de semaine en semaine, ce qui donna à toutes les garnisons le temps de se fortifier.
Les Carnutes s'agitèrent d'abordé — C'était le pays qui abritait l'assemblée des druides, et où les Gaulois plaçaient le c( milieu » de leur terre : son rôle sacré, sa situation au centre de la Gaule % le désignaient pour donner le signal des résolutions
1. Cf. p. 378 et s.; V, 24, 4 et 5. Tous deux ont déjà été associés par César (IV, 22, 5; p. 340). Ce sont, avec Labiénus, les seuls légats de 58-57 qui restent (cf. p. 184, n. i). Brutus, qui n'est plus nommé en 55, 54, 53, mais revient en 52, devait être retourné à Rome. — Les fautes de César, bien notées par Davon, p. 05-7.