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nationales. Et de fait, désormais, c'est la nation carnute qui, chaque année, lancera un appel aux armes ' : elle sera « le héraut » de la liberté. — Peut-être n'y a-t-il là que l'effet du hasard; mais peut-être est-ce la preuve que les druides se sont détachés de César, et que l'assemblée des prêtres a prononcé l'anathènie contre le peuple romain.
D'autres indices permettent de croire que le clergé gaulois prit à la fin parti pour la cause de l'indépendance gauloise. — S'il était demeuré favorable à César, j'imagine que le Romain nous l'eût fait connaître dans ses Commentaires. Lorsqu'il les écrivit, au lendemain des grandes révoltes -, il avait trop d'intérêt à flatter ses amis de Gaule pour ménager les paroles de reconnaissance; il a cherché les mots gracieux à l'endroit de ceux qui l'ont servi, hommes et peuples ^ S'il s'était loué des druides, soyons sûrs qu'il eût trouvé moyen de le dire. — Au reste, quel avantage les prêtres tirent-ils maintenant de la domination romaine? Au début, elle les a débarrassés de la crainte de la royauté* : et le druide Diviciac a, pendant deux ans, écarté tous les dangers sur la route de César ^ Mais voici que les royautés reparaissent, sous le patronage de César lui-même ^ Que les nouveaux destins s'accomplissent, que les mots de Rome et de province remplacent les noms consacrés de Celles et de Gaulois, et alors, les dieux, le droit et les usages du peuple vainqueur arriveront à leur tour pour transformer les hommes, et ce sera la fin de Tentâtes et d'Esus, des grands sacrifices, des longs poèmes, des tribunaux religieux, de tout ce qui est la raison d'être des druides \ Le sacerdoce pénétrait de mille
1. V, 25, 1 (en 54; p. 375); VI, 2, 3 (en 53; p. 307); VII, 2, 1, el 3, 1 (en 52; p. 410 cl 418); Vlli, 4, 2 (en 51 ; p. 546).
2. Dans l'Iiiver de 52-51, ef. p. 540, n. 2, el p. 151, nolo.