Cf. Lucain, I, 444 el suiv
DÉBUT DR L'iNSrUIŒGTIOX : LE IIÔLE DES DRUIDES. 375
inaniôres I;i vie j;auloise, il faisait l'unitc et l'éternité de la nation ' : supprimer cette nation, c'était condamner le sacerdoce à une mort immédiate. Aussi, plus tard, chaque fois que la (jaule espérera se délivrer de Rome, les druides ou leurs poètes aideront les chefs et les combattants de leurs prières et de leurs vers-. Est-il possible de croire qu'ils ne l'aient point fait dès Tannée de Cassivellaun et d'Ambiorix? Ces druides n'étaient ni plus aveugles ni moins intelligents que les nobles leurs frères ^ A moins de leur prêter une incurable sottise ou une lâcheté sans fin, on doit croire qu'ils ont dès lors compris la marche des choses et cherché à l'entraver.
Aussi, même en l'absence de textes formels, je n'hésite pas à donner une part aux druides dans les insurrections qui vont suivre. Si elles ne furent pas leur œuvre, ils ne les ont pas désavouées; et si elles sont toutes parties du sol carnute, c'est peutêtre après que les druides s'y étaient rassemblés.
En 5i, les Carnutes donnèrent donc un signal en assassinant leur roi Tasget. Ce meurtre fut l'œuvre de nombreux conjurés, la cité entière était vaguement complice \ Mais elle eut le tort, le coup fait, d'hésiter encore, de ne point prendre les armes; et la peuplade voisine des Sénons, quoique prête à la révolte, ne se ieva pas davantage ^
César apprit la chose à Amiens, où il attendait les nouvelles des campements. Il avait quatre légions autour de lui*^ : il envoya sur-le-champ contre les Carnutes celle de Plancus, avec ordre d'y passer l'hiver, de saisir les meurtriers et de les lui expédier. — Contenue par sa garnison, la cité rebelle ne bougea plus'. La révolte de la Celtique fut étouffée dans son germe.