‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 476 sur 776 · et · texte numérisé non relu

et

7. Aidés par des prisonniers, et guidés par leur expérience des camps romains (V, 42, 2: Dion, XL, 7, 2). César ne nomme pas Ambiorix; Dion lui attribue tout, et rappelle qu'il avait fait campagne avec les Romains : ce qui peut être un travestissement du texte de César, mais ce qui peut être une vérité (cf. p. 369).

(l'investissement, ils creusèrent un fossé, ils bâtirent une muraille et des tours par-dessus, ils fabriquèrent des faux d'attaque, des galeries d'approche'. C'était la première fois que les Gaulois recouraient à de telles pratiques : mais, s'ils voulaient vaincre les Romains, il fallait s'inspirer de leurs moyens de victoire. Ils consentirent à faire œuvre de bûcherons et de terrassiers, ainsi que des légionnaires. Leur naïve ardeur au travail eut quelque chose de touchant. Comme ils ne possédaient point d'outils, ils fouillaient le sol avec leurs épées, et portaient la terre dans leurs sayons de soldats'. Ils s'y mirent tous. En trois heures, quinze mille pieds de fossés et de talus furent achevés ^

L'investissement terminé, ils attaquèrent de nouveau, le septième jour du siège. Ce fut une dure journée, bien conduite par les Gaulois. On sent de plus en plus chez eux, dans les procédés de combat, dans le choix des armes et la succession des manœuvres, une direction unique et intelligente, et, quoique César ne nomme pas Ambiorix, on reconnaît son œuvre.

Il y eut d'abord contre le camp romain une terrible décharge de javelines enflammées, de balles d'argiles rougies au feu*; un grand vent venait de se lever, les Gaulois en profitèrent pour tâcher d'incendier le camp. Il flamba en effet, et sur tous les

1. V, 42. Les lignes d'investissement avaient 15 000 pieds de tour (si l'on accepte XV des inss. a; x, puis xv, dans les mss. |î; 42, 4). On peut discuter sur x et xv; mais, comme ces lignes louciiaient de très près, au moins par endroits, le camp romain (cf. 43, 6), et qu'on ne peut supposer h ce camp plus de 10 000 pieds, 750 mètres de front (encore ce chiiïre est-il excessif), il faut maintenir pcdiim. — Si le camp est à Binche, la ligne des anciens remparts, environ 1730 mètres (Lcjeune, Hist., p. 10), peut correspondre à celle du vallinn romain. Et, en mettant il l.'SOOO pieds la ligne d'investissement, on pourra la faire passer par le faubourg de Mons, la chapelle au sud du faubourg Saint-Jacques, Waudreselle, la ferme de Mahy-Faux et la ferme des Paslures. — Je placerais volontiers le campement gaulois à l'est, entre les ruisseaux de la Samme et du Masy.

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