LE SECOND PASSAGE DU RHIN
détourner do donner asile à Ambiorix'. Mais je doute que celte simple précaution exigeât la construction d'un pont et le passage de toute l'armée-. Cette grandiose démonstration ne pouvait être (|ue le prélude d'une belle campagne. Crassus venait enfin (le IVanchir ^Euphrate^ Pompée rendait la paix au forum Quin)* : il importait que César eût aussi son triomphe, et la chasse à Ambiorix ne suffisait pas à sa gloire do l'année.
De fait, quand il se vit, une seconde fois, sur ce sol de la Germanie vierge de sa conquête, il semble qu'il ait oublié Ambiorix et la vengeance, et qu'il ait rêvé, comme deux ans auparavant, de victoires surhumaines à travers les peuples bar-, bares. Les Ubiens lui apprirent que les Germains venus au secours des Trévires leur avaient été envoyés par les Suèves, éternels ennemis du nom romain. A ce mot de SuèA^es, César, ressaisi par ses illusions, se décida à rester au delà du Rhin^ L'occasion était bonne pour une nouvelle entreprise. Les Ubiens faisaient une soumission absolue^; les Trévires tremblaient devant Labiénus. César avait avec lui toute son armée, plus forte que jamais \ Un pont solide, et qui lui appartenait, réunissait les deux rives. S'il arrivait à vaincre les Suèves, il effacerait l'ombre des derniers revers, il rétablirait toute son influence en