Cf. t. II, ch. I et II
la condition qu'on ne touchât pas à leur cité, qu'on laissât les hommes se gouverner ou se révolter à leur guise. Et si les Eduens et d'autres avaient gardé une telle amitié pour César, c'est que leur patrie propre demeurait libre et puissante : ils avaient volontiers acheté par l'esclavage de toute la Gaule l'indépendance de leur nation'. Mais la procédure des jours de Reims montrait que cette indépendance n'était plus qu'un vain mot. Le sort d'Accon, exécuté à coups de verges comme un déserteur d'armée romaine, pouvait devenir le sort de tous les nobles qui déplairaient-. Le grand nom de Gaule, les libertés des nations, la vie même des hommes, tout cela était indifférent au proconsul. Qu'on dressât le bilan des meurtres et des esclavages qu'il avait ordonnés depuis six ans, et on verrait qu'à tout prendre César n'avait travaillé que pour sa gloire, victimaire de sa seule Fortune.
Les Gaulois ne cessèrent, durant l'automne, de se lamenter sur la « misère de tous »^ Les hommes en discutaient dans les champs de foire et aux jours de fêtes''; les nobles s'en entretenaient dans les rendez-vous mystérieux qu'ils se donnaient au fond des bois". On parlait aussi de peuple à peuple, et les chefs des cités voisines délibéraient entre eux pour une résolution commune ^ A vrai dire, les colloques n'avaient point cessé depuis les journées d'Ambiorix^ Mais les projets prirent enfin corps au début de l'hiver.
Si les événements de Gaule mirent le comble à la colère, ceux dltahe réveillèrent les courages. On apprit bientôt l'arrivée