Vil
3. Il jiait avant la lin «le l'hiver (p. 432, n. 3 et 0 , et dés ([u'il apiuend le siège de Gorgobina (10. 1).
DE SENS A LA FllONTIKIlK UlTUllUlE. 435
rt'iiiienii '. liii route directe, de Sens à l'Allier, était marquée par ^^'ollne et la Nièvre; elle n'oiïrait aucune difliculté, et se tenait en partie sur terre éduenne. Pourtant, César évita de la prendre. l*eut-être craignait-il de laisser son quartier général exposé aux attaques des Carnutes ou des Sénons de l'ouest-'. Peut-être, dans l'ignorance de son adversaire, cherchait-il à surprendre sa manière". Il obliqua donc vers le couchant, en plein pays ennemi, par Montargis et Orléans, aiin de dégager les abords de Sens, et de montrer aussi par quelques exemples la l'a(;on dont il entendait se venger.
Ainsi, les deux chefs, chacun de son côté, essa)''aient de renforcer leur situation au centre de la Gaule : le Romain, en reprenant la ligne de la Loire; le Celle, en cherchant les routes du levant.
Le lendemain, César arrivait devant la place forte de Vellaunodunum, qui était aux Sénons (Montargis?^), et il en pré-
1. César semble dire qu'il partit droit vers les Boiens (10, 3 et 4). La route directe est par Sens, Entrains et le contluent de la Loire et de l'Allier. Il est certain qu'il ne la prit pas, mais marcha droit et vite vers Génabum (11, 4:). Il voulut donc délivrer Gorgobina, mais en attirant l'ennemi sur d'autres points. Quelle que soit la solution que l'on accepte pour les emplacements de ces lieux, il faut supioser un détour de César (comme le dit déjà d'Anville, Ed., p. 214). Et, au reste, Ce. ar avoue lui-même qu'il n'est pas pressé outre mesure (cf. n. 2).
2. A'e (jitcm i^ost se hostem relinqueret, 11,1. Au surplus, une expédition en Bcauce était capitale pour ravitailler l'armée, ce dont César se préoccupait fort en ce moment (10, 3; 11, 1).
3. Il est possible aussi qu'il ait voulu éviter aux Éduens le passage de son armée.
4. Montargis (je songe à la colline du château) est sur la route directe de Sens à Orléans, suivie par César; il est à mi-chemin de ces deux villes, à 50 kil. de Sens, à GO kil. d'Orléans, et César arriva a Yellaunodunum le second jour après avoir quitté Sens (11, 1), à Orléans le second jour après avoir quitté Yellaunodunum; Montargis est d'ailleurs un poste stratégique important, dans un pays à blé (cf. 11, 1). Proposé au moins dès le xvin' siècle, défendu par Le Roy {Bull, momiinental, XXX, 1864, p. 344-5), il est accepté par Creuly {Carte, p. 72). — Dans la même direction, on a proposé : Beaune en Gàtinais (Maillart, Mercure de France, août 1737, p. 1762; d'Anville, Eclaircissemens, p. 219 et suiv.); près de Sceaux (JoUois, Méin. sur les antiquités du dép. du Loiret, 1836, p. 22 et suiv.; Cosson, Méni. de la Soc. arch. de l'Orl., II, 1853, p. 478 et suiv.); Chenevières (Walckenaer. 1, p. 410); Ladon (von Gœler, 2' éd., p. 239); Chàteau-Landon (de Vigenere, p. 640; Sanson, § 202; Maillart, Mercure de France, juillet 1736, p. 1520 et suiv., etc. : toutes hypothèses possibles, surtout la dernière. — Les partisans de Gien poui Génabum ont proposé Triguères, plus au sud (de Monvel, p. 43; Salomon, p. 118 et suiv. ; Napoléon III, p. 283; Bréan, p. 15). On a aussi songé à Châteaurenard
i36 VEHGINGÉTOIllX : LA VICTOIRE.
para aussitôt le siège ^ Comme elle se rendit le troisième jour, il ne put massacrer personne, mais il exigea un nombre d'otages inusité, six cents*. — Le jour même, il marchait en hàte^ sur Orléans, qu'il atteignit le lendemain soir *.
Orléans offrait plus d'intérêt pour lui. C'était un centre de terres à blé, le grand passage sur la Loire, la ville principale d'une puissante nation, le lieu du crime qui avait inauguré la guerre'. Il campa la nuit devant la ville ^ attendant le matin pour commencer le siège. Mais les défenseurs n'osèrent pas courir le risque d'un assaut '. La rapidité de la marche de César avait fait qu'ils étaient en petit nombre'*; l'assiette de la ville n'était point très forte; le pont de la Loire gênait la défense. Peu avant minuit, les habitants sortirent en silence, cherchant à s'échapper du côté du fleuve ^ Les vedettes de César donnèrent l'éveil'". Il fit forcer les autres portes par les légions de garde 'S et, à travers la ville parcourue en hâte, il les lança à la poursuite de la foule qui encombrait le pont et la levée de la rive gauche '-. Peu s'en fallut que tout le monde ne fût pris.
dans celte direction. — Us ont aussi proposé (en adincllant que César partit droit vers l'Allier) : Toucy (Stoiïel, Guerre d'Ariov., p. 14), Auxcrre ou Vallan près d'Auxerre (Lebeuf, Recueil, II, p. 181, après d'autres). — On a même proposé Avallon (Le Tors, Mercure de France, décembre 1737, p. 2833 et suiv , etc.); V^ézelay, Véron dans l'Yonne, Meung (au Moyen Age), etc.
1. VII, 11, 1; de l'expression circumvallavit, il semble résulter qu'il songea au blocus et non à l'assaut ou à la terrasse, ce qui suppose une place assez forte, mais petite (voir la colline du château).