‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 555 sur 776 · VIL · texte numérisé non relu

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8. Je crois, sans pouvoir l'affirmer, que les Gaulois auxiliaires n'entcndaicnl pas servir avant l'équinoxe (cf. IV, 6, 5).

1)K SKNS A LA FRONTIÈIU"] HITUHIGE. 433

(le iiii, les restes do ces Usipèles el Tcnctèrcs qu'il avait jadis massacrés'. Il s'en procura d'autres, que lui fournirent ses alliés (les l)ords du lUiiu". Kl on le vit ainsi attirer à lui ces mercenaires germains (|u'il avait si souvent rejetés au delà du fleuve. Il était venu pour délivrer la Gaule d'Arioviste et de ses congénères, et il pcMisait maintenant à eux pour l'aider à la reconquérir. Les deux ennemis de l'indépendance celtique s'associaient dans une œuvre commune de destruction.

Vercingétorix, de son côté, n'éprouvait aucune hâte de marcher i\ César. C'était à son corps défendant qu'il l'avait cherché en Auvergne; et, quand il fut revenu en Berry sans l'avoir trouvé, il se garda bien de reprendre sa route vers le quartier général des Romains. L'hisitoire des dernières années, à laquelle il. avait été mêlé au moins comme observateur, lui montrait l'incurable faiblesse des Gaulois sur le champ de bataille, surtout en face de Labiénus et de César. Autour de lui, assurément, il ne manquait pas de chefs qui voulaient le combat et s'énervaient loin de l'ennemi : d'autant que presque tous ses compagnons ne s'étaient point encore mesurés contre les légions. Mais Vercingétorix ne leur lâcha point la bride, et ses efforts tendirent de plus en plus à retarder l'instant du contact.

Toutefois, sans provoquer César, il taillait de la besogne à ses propres soldats. Son intérêt, pour le moment, était de presser les Éduens, par la menace ou par la ruse. Le jour où il les aurait à lui, il tiendrait désormais toutes les routes de la Gaule et les lignes de retraite de l'armée romaine. Après son retour d'Auvergne, il entra sur leur territoire^ et assiégea Gorgobina (La Guerche?*), ville forte de leur frontière, près des rives de

2. Il en fit venir six cents ah initio (de la campagne), 13, 1. Je suppose les Ubiens, cf. 65, 4; ici, p. 484.

3. Pour la route, cf. p. 432, n. 3. C'est à ce moment que Dion (XL, 34, 1) place l'occupation d'Avaricum par Vercingétorix.

4. Les mss. a ont Gorgobinam, les mss. p ont Gorlonam (VU, 9, G). S'il faut accepter Gortona, tout doute serait levé sur l'emplacement de la ville : il s'a" irait

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l'Allier : elle était gardée par cette tribu boïenne que César, après la défaite des Helvètes, avait donnée aux Eduens '.

Le proconsul ne pouvait abandonner ses alliés. 11 exhorta les Bo'iens à tenir bon, il demanda aux Eduens d'assurer le service des vivres; et, laissant à Sens les bagages et deux légions, il partit pour dégager la place forte' (vers le 13 mars?').

Mais, comme Vercingétorix, il ne voulut pas courir droit à

de Sancerre, jadis Gordona, Corionum. Mais, comme 1" Sancerrc était de l'ancien diocèse de Bourjies, 2" que les Eduens n'auraient jamais confié aux Boiens fugitifs la possession d'une place si forte, on peut croire que Gortona a été introduit là par un copiste érudit du temps carolingien, auteur du prototype dos mss. p. Ce (jui me fait croire à La Guerche, c'est, non pas le nom {Giiircia au Moyen Age), mais parce que : 1" les Hoiens doivent être chercliés à la frontière ouest des Eduens, entre eux et les Bituri^es (VII, 9, 6; 10, 3; 1*2, 1), 2" mais au sud de la ligne Briare-La Charité, où la Loire sépare Sénons (ou Eduens) et Bituriges (p. 427, n. 5). 3" dans un pays pas très riciie (VII, 17, 3) : cela permet de leur attribuer le pays entre Allier et Loire, et par j^uile la bande de terrain (Jusque vers l'Aubois) (jue les Eduens possèdent au delà des rivières, à gauche (t. H, p. 29, n. 3): 4° que ce soit sur cette bande i\\ie se trouve Gorgobina, cela résulte du fait ([ue Vercingétorix n'a pas eu. semble-t-il, à passer de fleuve (9, 6 et 12, 1) ; or La Guerche est le lieu le plus important de cette bande, un petit clief-lieu de cultures et de routes, ancien habitat gaulois et romain (Buhot de Kersers, Slatisticjuc, IV, p. 257 et suiv.1. L"o/)/)iV/(/((i a pu ètie placé sur le mamelon de l'église plutôt que sur l'aire plaue et basse du bourg actuel. — Le lieu a été proposé par von Go-ler, cL 2' éd., p. 237. — Entre Loire et .\llier (hypothèses plausibles) : Saint-Parize-le-Chàtel (Crosnier, Bull, de la Soc. Mvprnaise, IV s., VIII, 1880. p. 94 ctsuiv. ; Napoléon III, p. 28(t); Saint-Pierre-Ie-Moutier (Crosnier, Bull, de la Soc. IS'ivernaise, II, 185o. p. 93; cf. Dict. arch., 1, p. 453-4): Moulins ou ses environs, ce qui n'est pas impossible (hypothèse primitive : Marlianus; d'Anville, Ed., p. 208 et suiv., avec réserves; Bréah. p. 87 et suiv.; Clairefond, Bull, de la Soc. d'Émulation de l'Allier, VII, 1859, j). 284 et suiv. [bien fait]: etc.); Thiel (de Cdiflier Demoret. Ilist. du Bourbonnais, 2" éd., 1. 1824, p. 48 et suiv.); Chantenay. — On a aussi proposé : Bourbon-Lancy (Lcbeuf. Il, p. 201); Bourbon-l'Archamltault (de Frasnay, Mercure de France, août 1737, p. 1713 ; Sancerre (Creuly, Carie, p. 78: Chazaud, Bull, de la Soc. d'Éniul. de l'Allier, Vlll, 1801, p. 87 et suiv.; Soyer, Mén. de la Soc. des Antiquaires du CejUre, 1904, X-'^VIII, 1905, p. 13 et suiv.); jargeau (de Monvel, p. 39); Monthn.on (Brugière de La Motte, Bull, de la Soc. d'Ém. de VAllier, IX, 18G4, p. 425 et suiv.),; Néris; Saiiit-Amand; Souvigny; Entrains; Vertault: Arzembouy dans la Nièvre ((jui a déterminé i'assez ridicules travaux : Vincent, Recherches sur l'origine des Hoirs, 1S43; Pierquin de Gembloux. Hist. et Ant. de Gergovia, Bourges, 1843; etc.); Saint-Hévérien dans la Nièvre (Mém. de la Soc. Éduenne, 1844, p. 329 et suiv.; Boniard, Nouv. Mém. sur la ville (jauloise, etc., Nevers, 1843. etc.): et d'autres lieux plus invraisem'blables encore : Boi'ii dans la Loire; Toulx-Sainle-Croix dans la Creuse, et même (lai\s le Beaujolais.

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