FORMATION DES PEUPLADES GERMANIQUES
une pi-Dcli^ieuso fortune, n'étaient alors que de simples mots pour les Occidentaux qui les répétaient.
Parmi ces peuplades, celles do la vallée du milieu, ou do IKlbe, Lombards, Ilermundures, Semnons et Marcomans, s'étaient groupées sous le nom collectif de Suèves '. Cette fédération, (]ui embrassait, disait-on, cent tribus *, devenait peu à peu la puissance la plus énergique de l'Allemagne entière*. La force des hommes qui la composaient venait à la fois d'un farouche respect pour le foyer natal et d'un irrésistible besoin d'aventures, (iomme toute leur fortune consistait en bestiaux et en chariots, rien ne leur plaisait plus que de partir pour émigrer et conquérir^; et cependant, ils n'oubliaient jamais les divinités et les sanctuaires du sol des ancêtres. Chaque année, les délégués de tous les peuples du sang suève se rassemblaient dans un bois sacré de la nation centrale, les Semnons du Drandebourg, comme les druides de la Celtique se réunissaient chez les Carnutes '^i là, d'émouvants mystères leur rappelaient qu'ils étaient en face de leurs dieux communs et souverains, à l'ombilic éternel de leur race *. Et de ce contact divin avec la terre mater-
— Les Lygiens, Liujii ou Lygii, ixiva k'&vo;, sans doute moins une nation qu'une ligue des peuples de l'Est; Strabon, VII, 1, 3 (cf. Tac, (i., 43). En Posuanie? — Autres : Zuini, liutones [GuLcnes'71, Sibini, Mugilones (SLrabon, VIL 1, 3). — Les Peucini et les Baslarme du Dniester, qui passaient pour des Germains (Pline, IV, 100; Slrabon, VII, 2, 4; 3, 13), étaient, je crois, des Gaulois d'origine, non transformés (cf. t. I, p. 303, n. 2). — La Silésie et la Moravie demeuraient aux Celtes, tout comme la Bohème, cf. t. I, p. 297-8.
1. Le fait que les Suèves sont un nom collectif, et celui des peuples de l'Elbe, résulte moins des textes de César que de ceux de Slrabon, VII, 1, 3, et de Tacite, G., 38. C'est à tort qu'on y rattache les Chattes (p. 47, n. 5). Il serait du reste possible qu'on p.it aussi designé spécialement sous ce nom la nation caput, les Semnons (cf. p. 48, n. 2, et Piine, IV, 100).
2'. César, I, 37, 3; IV, 1, 4; les ccnium pagi des Semnons (Tac, G., 39) doivcnj être ceux de la ligue suève.