SIK(ÎE \)E BOUIIGES : OPERATIONS DEVANT LA VILLE
avec l'ennemi, et c'était en quol(|ue sorte supprimer la forteresse qu'on ne pouvait détruire. A l'habileté imprévue de son adversaire, César répondit par un prodige de bâtisse, et son boulevard atteignit, sur 330 pieds de large*, 80 pieds de hauteur, et au fur et à mesure qu'il s'exhaussait, les deux tours s'élevaient avec lui^
Le vingt-cinquième jour du siège, la gigantesque charpente était presque achevée, et dès lors la prise d'Avaricum serait certaine^. Les Gaulois firent une suprême tentative. Une longue galerie fut creusée, par-dessous la muraille, vers les travaux des assiégeants; et, une nuit, au moment même oii les mineurs bituriges atteignaient le boulevard et y mettaient le feu, des groupes de combattants sortirent par les portes*, et d'autres, du haut des remparts, déchargeaient leurs armes et leurs machines. Les bois des tours et de la chaussée furent attaqués à la fois par le flanc, sous terre et d'en haut. Et, comme les Celtes jouaienî leur dernière chance, ils accomplirent, dit César, des mi^acle^ de ténacité et de courage. Ils se succédaient sans relâche au> points les plus exposés. Devant une porte, face à une tout romaine", un Gaulois ne cessait de jeter contre elle des balles de suif et de poix, que ses camarades lui passaient de main en main; le trait d'une machine finit par l'abattre. Son voisin le
des faits dans son récit, qu'il songea dlabord à l'attaque directe du rempart par la sape et par le bélier, puisque, ces procédés ayant échoué (VII, 22 : ce qui explique sa digression sur la force des citadelles gauloises, § 23; cf. t. II, p. 217-9), il se décida à surhausser la terrasse et à l'avancer, de manière à se coller à In muraille ennemie, cuin is murum hosliuni pœne contingeret, 24, 4.
1. Peut-être la largeur de la courtine comprise entre les deux portes, puisqui' ces deux portes ne furent pas bloquées (n. 4). — C'est à peu près la largeur actuelle du front de la ville devant l'esplanade Marceau, y compris la largeur des deuxrues Séraucourt et Moyenne, rues dont les extrémités, sur ce point, me paraissenî représenter les deux portes gauloises dont parle César (n. 4).
2. 24, 1 et 2; 22, 4 (cf. p. 448, n. 6). ■i. 24, 1 et 2; cf. 26, 1.
4. Duabus partis, 24, 3 : les deux portes s'ouvraient sans doute aux angles sudest et sud-ouest; en face de chacune d'elles, aux angles correspondants de li chaussée romaine, une tour (cf. 24, 4; 25, 2). Cf. n. 1.