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LIî LEN'DEMAIN DU SIEGE; PROGRES DE VERCINGETOIIIX. 455
viciiso de l'univers entier'. — En peu d'instants, cet hunuiie étrange était passé des plus sages propos aux chimères les plus folles. Peut-être ne voulut-il que parler aux Gaulois leur propre lanj:^age, et les contraindre à la raison par un excès d'espoir. Mais peut-être, lui aussi, était-il l'esclave de ses désirs et de ses illusions, et, tel que César, unissait-il à un ferme bon sens •une imagination en délire.
Il sortit de l'assemblée comme un vainqueur, approuvé et admiré de tous". César, quand il apprit ces choses, envia presque son rival. Tous les chefs d'armées, dit-il, sentent leur pouvoir s'affaiblir devant la défaite : et les échecs de Vercingctorix accroissent chaque jour son influence et sa dignité \
Au lendemain du siège, l'armée gauloise se trouva donc plu& docile et plus brave. Pour se mettre à l'abri des tentatives de César, elle consentit, sur la demande de son général, à fortifier son camp ^. C'était, chez des Gaulois, l'abandon de toutes leurs traditions : ils travaillaient comme des hommes de peine, à creuser des fossés et à élever des remblais; ils s'exerçaient à perdre leurs habitudes d'insouciance et de désœuvrement. Le jeune chef les pliait à sa volontés En trois mois, il leur avait appris l'art de défendre une ville, de dresser des machines, de construire un camp, de refuser un combat, d'obéir et de vouloir. L'armée des Celtes devenait chaque jour plus digne de se mesurer avec la légion.
Quelques décisions habiles améliorèrent ses moyens de com-
1. Unum consilium totius Galliœ effeciurum, cujus consensui ne orbis quidem terrarum possit obsistere ; 29, 6.
3. Itacjue, ut reliquoium imperatoruin res adversœ auctoritatem minaunt, sic hujus ex contrario dignitas incommodo accepta in dies augebatur; 30, 3. C'est le plus bel éloge qu'< u .lit fait de Vercingétorix, et il vient de César.
4. 29, 7, et 30, 4. — Le camp d'entre Rians et Les Aix (p. 444, n. 6) se prête fort bien à une fortification à la romaine le long des ruisseaux, et je me demande si certains fossés ne sont pas les vestiges de ceux des Gaulois.
5. El sic sunt animo consiernati [la pensée de César doit être « convaincus » ou « domptés », ou encore « transformés »] homines insueti laboris ut omnia, quse imper arentur, sibi patienda existimarent; 30, 4.
i56 VERCINGETORIX : LA VICTOIRE.
battre. Son infériorité tenait surtout à ce qu'elle manquait d'armes à longue portée, ce qui l'exposait sans cesse au javelot des légionnaires ^ Mais les archers ne faisaient point défaut en Gaule, pays de chasse et de bons tireurs. Vercingétorix en appela de toutes parts ^ — Pour combler les vides faits par les derniers combats, les cités alliées lui envoyèrent, sur son invitation, un nouveau contingenta II ne voulut pas plus de monde qu'il n'en avait eu au début, du moins comme fantassins. — Mais il ne refusa pas des renforts de cavaliers : Teutomat, le roi des Nitiobroges, lui en amena un grand nombre, levés en partie chez les Aquitains *.
Enfin Vercingétorix n'oubliait pas, en dehors des heures de harangue % que la moitié de la Gaule reconnaissait encore la loi du peuple romain : il choisissait dans son entourage les chefs qui avaient des relations ou un talent de parole, et il les adressait aux nations hésitantes, chargés de présents et de promesses *. On avait frappé de superbes statères d'or au nom de Vercingétorix, d'excellent alôi, de belle venue, de poids fort régulier^ : je ne doute pas qu'ils ne servissent, plus encore que les discours des envoyés, à gagner des hommes, chefs et prolé-