Il dut y avoir des résistances à celte démarche
3. 33, 1-2. Il semble qu'il ait songé à les convoquer dans son camp, mais la loi éduenne interdisait la sortie du vergobret (33, 2; cf. t. II, p. 47).
4. 33, 3-4; 34, 1. Il y avait deux prétendants. L'un, Cotus, frère du vergobret sortant Valeliacus, avait été élu, contrairement à la loi qui interdisait la iirésence de deux frères dans les charges publi(|ui's, et il n'avait pas été élu au moment et au lieu consacres par la tradition; en revanche, c'étaient les magistrats de la cité qui, conformément à la loi, avaient présidé à l'élection. L'autre, ConvictoliUwis, avait été élu dans les conditions de temps et de lieu requises; et, à défaut des magistrats, les prêtres avaient dirigé le vote, ce qui était conforme à la coutume. César n'hésita donc pas à sanctionner ce dernier vote. Cf. t. 11, p. 48.
EMItAlîUAS KT NOUVEAUX PLANS DE CESAR. 450
mission do partir pour Lutèce et de reconquérir les peuples du Nord '. Lui-même en garda six, avec les contingents éduens, et il décida de frapper la révolte à son centre même, en marchant sur l'Auvergne et contre Gergovie. A défaut de Vercingétorix, il prendrait sa capitale, et peut-être l'un dans l'autre. Il quitta Decize, et s'apprêta à franchir l'Allier^.
Le chef arverne comprit sa pensée. Il essaya d'abord de s'opposer à la marche de son adversaire en coupant les ponts de la rivière'. Le Romain remonta la rive droite, suivi, sur l'autre hord, par l'ennemi \ A la fin, César, à l'insu des Gaulois, demeura d'une marche en arrière, rétablit un pont en toute hâte, et fit passer son armée"' (à Moulins?®). Mais par là même il donnait
1. 34, 2. 11 est probable qu'après l'équinoxe il y eut des rassemblements du côté de Paris, et c'est peut-être ce à quoi fait allusion Vercingétorix (20. 12; 29, 6).
2. 34, 2 : il semble résulter de secuiidum Elaver qu'il voulut passer l'Allier le plus tôt, ce qui était naturel: il est possible qu'il ait marché de Decize sur Moulins; mais, comme il n'est pas invraisemblable qu'il ait concentré son armée à Nevers, et organisé là ses services (55, 1-2), il a pu se rendre de Decize à Nevers et de là reprendre la direction de l'Allier, et le suivre ensuite de la hauteur de Saint-Pierre-le-Moutier jusqu'à Moulins.
3. 34, 3; Dion, XL, 33, 1 : les ponts coupés sont peut-être à la hauteur de Saint- Pierre et à Moulins. Si Vercingétorix était campé à Rians (p. 444), rien ne lui fut jijus facile, par Brécy, Avord (cf. p. 444, n. 6), Blet et Sancoins, que d'attendre César devant ces ponts. Remarquez que dès lors Bourges a dû être réoccupé par les Gaulois. L'armée romaine détruit et ne garde pas. Elle n'a pas même pu, chose étonnante, conserver les ponts et assurer les passages.
5. 35, 2-5. Il s'arrêta et se cacha avec deux légions dans les bois, à la hauteur du pont coupé; il envoya en avant le reste, quatre légions, en enlevant à ces légions quelques cohortes (captis), de manière à faire figurer à ces cohortes deux légions (les 40 cohortes des quatre légions formant ainsi si.K groupes, avec six états-majors), l'armée marchant en longue file, (z.ay.pàv £-/.T£TaîiévY) toc^îc (Dion, XL, 33, 2). Vercingétorix, de l'autre rive, crut toute l'armée en marche, et la suivit. Pendant ce temps. César rebâtissait le pont sur les pilotis laissés en place €t, cela fait, rappelait ses légions et le traversait. — J'ai interprété César en acceptant la leçon des mss., captis; on a proposé carptis, partitis, demptis, apertis, laxatis, aplatis, distractis, sectis, interceptis, sic apertis, detractis, dimidiatis, et on a discuté à l'infini sur ce texte, dont le sens général, d'ailleurs, n'est pas douteux,
6. Le pont du passage doit être cherché à plus de quatre jours de marche de Gergovie (36, 1), en amont d'autres ponts (34, 3), avec un bois sur la rive droite (35, 1), un bon emplacement de camp sur la rive gauche (35, 5), une route sur la rivé gauche permettant de voir la route de la rive droite (cf. 33, 3). Il semble que «es conditions se rencontrent mieux à Moulins (100 kil. de Gergovie) qu'aux autres endroits proposés : César a pu camper à Moulins avant le passage, dissimuler ses deux légions dans le vallon (alors boisé?) entre Moulins et Yzeure, et, après le passage, camper, en face de Moulins, sur la colline du château de Vallière. —
à l'Arverne une journée d'avance, celui-ci en profita pour prendre les devants, et quand, cinq jours après, César arriva en vue de Gergovie, Vercingétorix l'attendait sur la montagne ^
Toute la guerre se concentra alors sur deux points. Les destinées de la contrée allaient se régler, en deux rencontres, près des villes que la nature lui donnait pour capitales : Paris, le carrefour des routes du Nord; Gergovie, la plus haute citadelle du plateau Central ; et, ce qui mettait dans le débat une solennité suprême. César et Vercingétorix se disputaient la souveraineté de la Gaule dans les lieux mêmes oîi s'étaient faites, au temps de Bituit, son unité et sa grandeur^ (milieu de mai?^).