Cf. t. 1, p. 2:53-4, t. Il, p. 548-r
5. 'l'ac. G., 2 : Célébrant carininibus anli<iuis... Tuistoncin dcuin Terra eJiluin et Jiliuin Mannuin, originein gentis coiiditores<iue] chez les Suèves, le lieu de la naissance est le bois des Semnons {G., 39; ici, j). 49, n. (i). ïuistuitein est la lc\,on du ms. du
FORMATION DES I>l<:i;PLAUES GERMANIQUES. bi
maniquc '. Kt s'ils donnaient à ces peuples un ancêtre commun, c'était avec l'espérance d'en faire une seule fauiillo^
Certes, les temps sont loin où ce rêve d'une fraternité germanique pourra devenir une réalité. Il manque, pour la bâtir, ce qui a fait la concorde, la grandeur et la beauté de l'État gaulois dans le siècle de Luern et de Bituit, il manque l'appui de la nature. Le sol de la Germanie, à la diflerence du nôtre, n'aide pas à l'entente et n'invite pas à l'unité. Elle peut évidemment se donner le cadre de frontières naturelles, Océan, montagnes ou ileuves ; mais ses limites s'imposeront si peu à ses chefs ou à ses voisins, qu'elles changeront sans cesse, et qu'on ne saura si la terre allemande finit au Rhin ou aux Ardennes, à l'Oder
Vatican 1518, Tnisconem, de celui de Stultgart, Tristonem, de ceux du Vatican 1862 et de Leyde. On a proposé Teutonem (Cluvier, p. 05-66; Holtzinann, p. 98; etc.). Ce Tuislo est l'équivalent de Tcutatés et du Dis pater gaulois (t. II, p. 118-121).
1. 11 résulte évidemment du passage de Tacite (p. 50, n. 5) que les Germains se donnaient un nom commun. Tacite ne dit pas lequel. Mais il semble bien que ce soit un nom tiré de celui de leur père divin Tuisto, soit Tuistones {Tuiscones'> Trutoncs'>), d'où est dérivé le nom que porte la langue germanique au moins des répo(iue carolingienne, Ihiudisca, Iheodisca, leulisca, Uatisca, Ihcotisca, etc., et d'oii vient le mot de deutsch. Il ne serait pas impossible que les Teutons (p. 45, n. 5) ne fussent ce nom collectif localisé sur une ligue particulière. — Quant au nom de Gennani, il n'apparait pas à coup sur avant César; dans ce sens, llirscbl'eid, p. 268 et s.; contra, MûllenholT, 11, p. 161. — 11 a, d"après Tacite, été appliqué aux Germains des Ardennes (Éburons et autres, cf. t. II, p. 406) par les Gaulois, puis étendu par eux à tous les Transrhénans, enfin accepté par les Germains eu.xmèmes et par les Romains; Tac, G., 2 : Qui priini Wienuin iransgressi Galtos expulerint, ac nunc Tuiigri, tune Germani vocati sinl [de même, Gcsar, II, 4, 10 ; ... Eburoncs... qui uno nomine Germani appellanturl : ita nalionis nomcn, non geatis, evaluisse paulatim, ut omncs primum a victore ob metum [a victo reor? Hirschfeld; en tout cas il s'agit des Gaulois], mox etiain a se ipsis inventa nomine Germani vocarentun. D'après Strabon (VII, 1, 2), le mot ne serait autre que le latin germanus, et il aurait été imaginé par les Romains pour rappeler que les Germains étaient les « vrais ■• Gaulois, w; av vvr,<7:o-j; ra>.â7a:, c'est-à-dire de purs Galates, non mêlés à d'autres populations comme les Celtes et les Belges aux indigènes (cf. t. I, p. 243, n. 3); mais le passage de César donne raison à Tacite. — Ce nom de Germains a soulevé des discussions innombrables, et à propos de son origine (celtique romaine ou germanique), et à propos de son étymologie. J'incline (hvpothèse de Zeuss, p. 59) à le croire un mot celtique ou belge, mais très voisin d'un mot germanique ayant le même sens, et il ne serait pas impossible encore que ce mot gaulois eût un sens voisin de celui du latin germanus. — Cf., outre Zeuss : Holtzmann, p. 104-112 (d'accord avec Strabonj; Miillenhoff, II, p. 189-200; Kossinna, Beitrage zur Geschichte der deutschen Sprache. XX, 1895, p. 258 et s.; Hirschfeld, Kiepert-Fcstschrift, 1898, p. 261 et suiv. ; Bremer, § 3; etc.