‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 63 sur 776 · Cf. Tac, Ann., II · texte numérisé non relu

Cf. Tac, Ann., II

OU à la Yislule, aux monts Hercyniens, aux Alpes ou au Danube '. Le vrai terme de la Germanie, au temps do César, ce n'étaient point de hautes cimes ou de larges rivières visibles de tous, mais ces immenses déserts que les peuplades créaient autour d'elles-. A l'intérieur de la contrée, la plaine et la montagne, au lieu d'alterner en une vie solidaire % semblent se séparer pour un divorce éternel. Au sud, ce sont des chaînes qui s'enchevêtrent, irrégulières et confuses, hérissées de bois où les Romains admireront encore les merveilles des forêts vierges*. Au nord, c'est la plaine fangeuse où de grands fleuves coulent lentement, ne rapprochant jamais leurs routes vers un but commune Entre leurs cours parallèles, la principale ligne de jonction est marquée par les vallées de la Havel et de la Sprée, avec leurs lacs et Herlin au milieu d'eux : et là, à Berlin, près de l'endroit même où fut jadis le bois sacré des Suèves ^ on peut se croire au cœur de l'Allemagne, à égale distance des montagnes et de l'Océan, de la mer Baltique et de la mer du Nord, de la Yistule des Scythes et du Rhin des Gaulois. Mais quelle différence, comme foyer d'une grande nation, entre cet îlot émergeant des marécages et l'acropole de l'Auvergne ou les riants carrefours de Lyon et de Paris! Il faudra des circonstances innombrables et de rudes courages humains, pour que la (iermanie arrive à cet accord national avec lequel, du premier coup, la Gaule apparaît dans l'hisloire'.

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