‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 639 sur 776 · Venisse tempus victoriss · texte numérisé non relu

Venisse tempus victoriss

5. De equitibus hostium, dit Vercingétorix, quin nemo eorum progredi modo extra agmen audeat... non debere dubitare (66, 6).

G. JcLLiAN. — Histoire de la Gaule. III. — 32

des nouveaux rangs. L'autre, c'est que Vercingétorix proposa, non pas un combat régulier*, mais une chevauchée à travers les lignes romaines, analogue à celles que le Breton Cassivellaun faisait faire par ses chars, et qui jetaient un tel désordre dans les légions ^ L'Arverne voulut qu'on les assaillît, non pas rangées en bataille, mais échelonnées en ordre de route : comme elles s'avançaient alors en longues files, séparées l'une de l'autre par des convois de vivres et de bagages ^ rien n'était plus séduisant et ne paraissait moins dangereux que de lancer le galop imprévu de quinze mille cavaliers à travers ces larges brèches laissées entre elles par les légions en marche, et, sur ces brèches, de tout prendre et tout détruire. Car ce fut contre les convois et non contre les fantassins que Vercingétorix ordonna l'attaque; il invita même les chefs, semble-t-il, à ne point toucher aux cohortes; et à l'objection que la destruction des bagages serait une mince victoire, il répondit qu'une légion sans bagages était impuissante et déshonorée*. Ce qui, enfin, prouve que tel fut son premier plan, et qu'il entendait surtout continuer la guerre aux convois, c'est le texte du serment que les chefs, après le conseil, firent prononcer à tous leurs hommes. Ils jurèrent « de ne pas se reposer sous un toit, de ne plus revoir leurs parents, leurs enfants, leurs femmes, s'ils n'avaient pas chevauché deux fois à travers les rangs ennemis » ^ On leur demandait donc simplement de faire une trouée dans les colonnes, et de revenir.

1. 11 n'a convoqué que les chefs de la cavalerie (66, 3 et 7), et il refuse d'engager l'infanterie (66, 0; 68, 1).

2. Per agmen lioslium perequitasset, 66, 7; comparez en Bretagne, V, 15, 4 : J'er medios perruperunt.

3. In agmine irnpeditos, 66, 4. C'est l'ordre de marche vers la Samhre, (jui faillit aussi coiJter fort cher à César (p. 262) : Inter singulas Icijiones iiniicdiinentoruin magnum numerum inlcroedcre (H, 17, 2). C'est également celui du départ de Toiigrcs, (jui perdit l'armée romaine (p. 379) : Longissimo agmine maximisque impcdimvnlis (V, 31, 6).

.'). Vil, 66, 7 : Juritjarando... ne teclo rccipiulur, ne iid lihrros, ne ad parentes, ne ad iirorem aditum luibeul, qui non bis pcr agmen liostium perequitasset.

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