Qua re nuntiata
7. Si l'on admet que César vient de Til-Châtel (n. 2). — A Mirande, d'après le système de Gouget (p. 31 et 55).
placés au milieu d'elles; l'infanterie se disposa en un immense carré, aux lignes profondes, régulières et continues; au centre, les bagages à l'abri; au devant, à droite, à gauche, les cavaliers italiens et germains, abritant les premiers rangs '. En quelques instants, presque sous les yeux de l'ennemi, et comme si elle opérait sur un champ de manœuvre, l'armée romaine s'était disloquée, déplacée et refaite, et se montrait maintenant dans sa formation de combat la plus redoutable, pareille à un camp retranché, avec dix mille fantassins pour front de muraille, et des escadrons en avant-postes ^
Vercingétorix n'avait plus qu'à rappeler ses cavaliers, ou, s'il ne pouvait éviter la rencontre, qu'à envoyer tous ses archers en soutien. C'étaient les seules troupes capables de jeter le désordre dans un carré d'infanterie romaine, et on a vu qu'Ambiorix leur dut la victoire sur la légion de Sabinus^ Ni l'un ni l'autre ne fut fait. Les escadrons gaulois continuèrent leur élan, et le combat s'engagea.
Ce fut donc, comme si souvent déjà^ la bataille entre la cavalerie gauloise et l'infanterie romaine, mais dans des proportions colossales, que le monde ne revit jamais : dix légions d'un côté, les plus fameuses de l'Empire, et, de l'autre, quinze mille cavaliers, choisis par toute la Gaule.
A gauche, la charge des Gaulois se heurta aux Germains, et se
1. Consistit agmen, impedimenta intra legiones recipiuntur (67, 3) : je crois que, chronologiquement, pugnatur (67, 2) doit se placer après consistit.
2. Cela me paraît 6lre la môme chose que le grand carré formé par Crassus (Plularque, Cr., 23). La facilité et la rapidité avec lesquelles les légions ont pu opérer ces mouvements et le choix de cette formation en un seul carré s'expliquent fort bien si l'on remarque qu'elles manœuvraient sur un vaste terrain, très découvert et presque plan, l'espace carré, de deux kilomètres de front, compris aujourd'hui entre Asnières, Bellcfoud, le fort et la batterie : ce qui était du reste un emplacement fait comme à souhait pour une grande bataille de ce genre. — Vercingétorix avait prévu, non pas cette manœuvre, mais une formation dos légions en plusieurs carrés, laissant les bagages en dehors {relictis imj)edimcntis, sux saluti consulant, 00, 5), c'est-à-dire la manœuvre de Colla lors do l'altaque d'Ambiorix (p. 380).
4 Cf. t. 1, p. .'IW et suiv.