‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 684 sur 776 · Mommsen, Rœmische Gcschichte, III, p · texte numérisé non relu

Mommsen, Rœmische Gcschichte, III, p

si justes qu'elles paraissent, nedonnent pas le sens exactdeson sacrifice. Certes, il y eut dans cette marche à la mort la bravoure du guerrier, et il y eut aussi l'héroïsme chevaleresque : elle fut soutenue par ces mêmes sentiments de courage et d'abnégation qui ont inspiré le chevalier du Moyen Age et qui animent le soldat d'une armée nationale. Mais ne mesurons pas le dernier acte de Vercingétorix à un idéal de siècles voisins de nous; jugeons-le d'après la manière dont un homme de son temps et de son pays concevait la vie, les devoirs et les dieux. Le chef gaulois s'est donné comme une victime destinée à sauver d'autres hommes ; il a livré sa vie à ses dieux ou aux dieux de Rome en échange de la vie de ses soldats. — Après tout, pour être imprégné d'esprit religieux, cet abandon ne perd pas de sa beauté, et il n'en émane pas moins de vertus éternelles, l'oubli de soi-même et l'amour des hommes.

C'était un bonheur pour la Gaule qu'elle finît sur un tel chef. Après Vercingétorix, personne plus que des proconsuls de Rome ne lui commandera en souverain. Avant lui, elle avait eu d'autres maîtres, Celtill, Bituit, Luern, Ambigat'. Mais leurs figures se perdaient dans le vague de l'oubli ou de la légende. Vercingétorix avait été un homme d'une nature supérieure, épris de gloire et de noblesse, aux dons variés, d'une vie intense, puissante et originale. Le dernier des chefs de la Gaule fut le plus grand, à la fois par ce qu'il valait et par ce qu'il a réussi à faire. Il a soulevé toutes les nations, il leur a rendu une conscience commune, il a refait d'elles une patrie. Cette patrie, il l'a dotée aussitôt des institutions militaires et de la discipline sociale qui auraient pu la sauver^; et s'il a échoué dans sa tâche, ce fut surtout la faute d'autres hommes'. Pour l'accomplir, il a lutté sans repos sur les champs de bataille

1. T. 1, p. 253-4; t. H, p. 548-550; l. III, p. 14 et s., p. 132-3.

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