‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 686 sur 776 · I. — RÉSULTATS POUR CÉSAR DE LA GUERRE DE VERCINGÉTORIX · texte numérisé non relu

I. — RÉSULTATS POUR CÉSAR DE LA GUERRE DE VERCINGÉTORIX

Vercino;étorix prisonnier, l'armée vaincue et dispersée, la ville sainte d'Alésia aux mains du vainqueur, le corps des nations gauloises avait de nouveau perdu son unité, son âme et sa vie. La brillante apparition d'une année s'était évanouie. 11 ne restait plus devant César, comme le jour de son arrivée sur

1. La source principale est maintenant la continuation des Coinmenlaires do César (livre VIII), par Aulus Hirlius, qui semble bien avoir été en Gaule dès celte année 51 (cf. proœmium, 8), qui y était en 50 (Cic, Ad. Alt., VII, 4, 2). Il est impossible de dire à quel corps d'armée il a été attaché, on peut supposer ([u'il a accompagné César. Comme source, en bien et en mal, Hirlius ressemble il César (p. 150-151, note), avec, en plus, force longueurs; il semble s'être préoccupé de l'imiter, et je doute qu'il n'ait pas écrit sous son inspiration (cf. Strack, Aulus Hirlius, 1909, extrait des Donner Jahrbiichcr, C.WIII). — 11 est curieux do remarquer qu'après avoir multiplié au début les détails précis sur les numéros des légions et les jours de campagnes, il supprime ltrus(|uement toute indication de ce genre (ix partir du cliap. 25, cf. p. 552, n. 10 et 11), peut-être parce «iii'il n'a pu, dés cet endroit, revoir son livre. — Comme ces cam|)agnes de 51 ont éle sans doute négligées par les autres écrivains, ils ne nous fournissent prescjue rien sur elles; cf. p. 549, n. 8, p. 550, n. 4. Orose, qui est le i)lus détaillé (VI, It, 12-0!}), se borne ù copier eu |)arapliraser llirtius.

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le Hhôiio, que des peuplades disjointes ou mutilées. Le proconsul pouvait espérer que la nouvelle conquête serait l'aiïaire de quelques mois.

A bien juger les choses, il gagna plus qu'il ne perdit dans les terribles fatigues que Vercingétorix lui imposa. Tôt ou tard il aurait fallu que le peuple romain luttât contre un soulèvement général de la Gaule. Une nation comme celle-là, avec un si long passé de gloire et des principes si intenses de vie et de pensée, ne meurt pas sans avoir une fois donné toute sa mesure dans l'effort de résistance. Ces énergies collectives qu'inspirent les souvenirs des héros, le prestige des cités saintes, la foi dans les dieux, l'espérance d'une patrie commune', ne disparaissent pas à la sourdine, devant les seules menaces d'un conquérant habile. Il arrive toujours qu'elles s'exaspèrent en un splendide élan, et c'est seulement après l'avoir brisé que l'ennemi peut se dire vainqueur. En réveillant les plus nobles passions de la Gaule, Vercingétorix offrit eniin à César l'occasion de les détruire et de montrer toute sa puissance.

Grâce à ce soulèvement, ce fut sous le nom et sous les auspices de Jules César que le peuple romain avait vaincu et soumis l'empire des Gaules, et la gloire de la conquête sérieuse et définitive s'attacha pour toujours aux fastes de son proconsulat. Il pouvait maintenant traiter la Gaule toute entière comme une province, puisqu'elle s'était battue contre lui et qu'elle s'était rendue^; et il avait enfin le droit de prononcer ce mot de province et la formule triomphale qui l'accompagnait.

De ces huit mois de batailles et de sièges, son armée sortait plus compacte, plus aguerrie, plus étroitement groupée autour de son chef. Les derniers événements lui avaient permis de

1. T. II, ch. XIII; ici, p. 413, 446, 434-3, 493, 31i-5 et 531.

2. Cf. Slrabon, IV, 4, 2 : 'AOpooi yàp xal xxtx 7îAr,9o; èfj.ivÎ7iT0VT£ç à9pôo'. xaTS-

XÛOVTO.

■i38 LES DERNIERES RESISTANCES.

l'accroître : il possédait maintenant au moins onze légions', trois fois plus que le sénat ne lui en avait donné -. Ses quatre troupes de vétérans semblaient immortelles' : la X^ légion n'avait point trop souffert; la YIIP, la VIP, la IX% réparaient eurs pertes et lui étaient presque comparables; les plus jeunes ■s'étaient formées à une forte école ^. Avec de tels soldats, César pourrait tenter la conquête du monde.

Il les avait tous à sa dévotion '\ La guerre de l'année lui permit de les combler d'esclaves et de butin : à Orléans, à Bourges, à Alésia, presque tout, hommes et biens, fut abandonné à l'armée ^ Le proconsul, sur cette terre de révoltés, put maintenant lâcher la bride. Sanctuaires et temples furent mis à sac; les monceaux d'or accumulés dans les enceintes sacrées appartinrent aux vainqueurs'. L'heure du grand pillage arrivait enfin*. Tous les soldats devenaient riches ^ Les négociants italiens oubliaient les mésaventures de plusieurs d'entre •eux" en accumulant d'énormes bénéfices*' ; les officiers de César xiccroissaient leur monstrueuse fortune '-. Labiénus passait à l'état de grand seigneur : il eut, en Gaule même, un train luxueux de maison, avec ses courriers et ses gardes du corps, «t, comme son proconsul, il prendra des Germains à son service ^^ Si les pillages transalpins ne donnaient ni statues ni

1. P. 541 ; outre les dix ou onze d'Alésia (p. 513, n. 6), 22 culioiles (p. 494, n. 4), donc la valeur de 12 on 13.

3. Singularis enim virtutis velerrimas legiones, VIII, 8, 2; cf. p. 17G-7.

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