LES CIMBRES FUGITIFS DANS L'EUROPIC CF.NTIIALF
Il csl. possible qu'ils aient d'abord songé à la Gaule, où tant de leurs ancêtres s'étaient enricliis. Mais les Belges moulaient bonne garde '. Les émigrants prirent le clieniia du Midi.
Au delà de la forêt Hercynienne (liesse et Thuringe), ils se trouvèrent en face d'autres Gaulois, les Helvètes de la Franoonie et les Boïens de la Bohême. C'étaient de vieux Etats, encore solides : les Boïens repoussèrent les Cimbres et les rejetèrent sur le Danube ^
Là aussi, des peuples robustes gardaient la contrée, les Volques en Bavière, les Noriques ou Taurisques dans les monts de Styrie : les routes des Alpes étaient bien gardées. Les émigrants ne songèrent pas à l'Italie.
Il fallut descendre plus bas, toujours le long du fleuve. A défaut de l'Italie, les Germains espéraient peut-être la Grèce, et il est à croire qu'ils ont rêvé à leur tour de Delphes et de ses richesses. Mais à l'approche des montagnes (vers Belgrade), ils se heurtèrent à d'autres tribus gauloises, les Scordisques^ Le chemin était fermé partout. Depuis l'embouchure du Rhin jusqu'à celle du Danube, les nations gauloises se suivaient sans interruption^, barrant le passage aux invasions, entourant le monde méditerranéen d'un boulevard protecteur (avant 113).