‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 756 sur 776 · Lucain, III, 567 et suiv · texte numérisé non relu

Lucain, III, 567 et suiv

Ceux-ci se battirent jusqu'au bout, dignes de leurs ennemis et de leurs maîtres'. Ils étaient du reste admirablement encadrés, et on cita, des officiers et des pilotes grecs, des traits de hardiesse qui rappelèrent Mycale et Salaraiue. C'est Télon le pilote qui, frappé au cœur, a la force, avant de mourir, de détourner son navire-; c'est un jeune Grec qui, les mains coupées, sauve son frère en lui faisant un rempart de son corps mutilé, puis, à demi mort, trouve assez de souffle pour sauter sur un vaisseau romain et mourir au milieu des ennemis^; c'est un plongeur phocéen qui se jette à la mer avec un adversaire, l'entraîne au fond de l'eau et l'y engloutit, puis revient à la surface et recommence*. Avec de tels hommes, la lutte fut acharnée et presque sauvage. On en vint à se charger à coups de rames et ù briser les bancs pour s'en faire des armes''. Mais Brutus demeura maître du champ de bataille : quinze vaisseaux sur vingt-quatre furent perdus par les Marseillais, coulés à fond ou pris d'assaut*^; les autres purent regagner le port, et les Grecs se répandirent sur le rivvage pour reconnaître les cadavres que les vagues ramenaient' (vers le 31 mai?').

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