LA GAULE DANS L EMPIRE
d'équiliJjre et de solidité. Depuis que cette grande terre soudait en une masse compacte l'Italie et l'Espagne '. la moitié occidentale de l'Empire se présentait en une énorme masse, ajustée et cohérente dans ses parties, pourvue de ses limites et de ses liaisons naturelles. Elle pouvait faire contrepoids aux forces de tout genre, qui. depuis les débuts de son ambition, attachaient Rome à l'Orient. Car, malgré l'Espagne et malgré l'Afrique, c'était toujours vers l'Orient que se tournaient la pensée ou le rêve des Romains. L'avènement de César et d'Auguste, descendants d'Enée le Troyen, le règne des empereurs, qui se disaient héritiers d'Alexandre-, l'annexion de l'Egypte, que son commerce attirait vers la mer des Indes', venaient d'accroître encore l'antique prestige de l'hellénisme dans le monde gréco-romain; et on prétendait, à tort ou à raison, que la capitale serait transférée à Troie ou à Alexandrie % pour qu'elle fût au foyer de toute civilisation, au centre religieux des grands empires. La conquête de la Gaule empêcha cette folie, s'il est vrai que des princes l'aient imaginée. Elle avait doublé en Occident le nombre de leurs sujets et Létendue de leurs domaines; elle les obligeait à entretenir sur la longue frontière du Rhin la plus puissante des armées de l'Empire. Il eût été d'une singulière imprudence que l'empereur se tînt éloigné des Alpes et de Lvon, comme s'il s'agissait de peuples sans portée et de pavs sans gloire.
L'horizon n'était point fermé du côté de l'Occident. Il olfrait aux ambitieux des perspectives presque aussi lointaines que celles de l'Euphrate et de l'Indus. La Caule lit connaître aux Romains les terres nouvelles de Breta2:ne et de (lermanie.