‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 110 sur 792 · II. — LA CONQUÊTE DU DAXUBE · texte numérisé non relu

II. — LA CONQUÊTE DU DAXUBE

Auguste et Agrippa ne songèrent point à imiter César ou Alexandre. Ni l'Inde ni la Germanie ne les attiraient par leurs mirages. Entre TOccitlent et l'Orient, ils virent qu'il y avait place pour une autre conquête, moins lointaine et moins glorieuse, mais plus utile, celle des pays du Danube.

Quand l'annexion de la Gaule eut renforcé l'Occident romain, il en résulta un danger imprévu pour l'unité de l'Empire. — Orient et Occident se A'alent maintenant : pour l'étendue, la force militaire, les richesses et la population, on ne peut dire laquelle de ces moitiés de la terre est supérieure à l'autre. Mais, si leurs ressources sont égales, leurs habitudes et leurs intérêts diffèrent. Chacune de ces deux régions a sa frontière et ses ennemis propres, ici les Germains et là les Parthes. Ce sont deux mondes dissemblables, celui-ci avec ses Celtes et ses Ibères, fils de Barbares nouveaux venus dans la vie universelle, celui-là avec ses villes antiques, ses royaumes divins, ses traditions communes, que lui ont données les Phéniciens et les Hellènes '. Il est à craindre, si le peuple romain ne peut

1. T. I, p. 223-5, 416 et s., t. III, p. 321-2. t. IV, p. 18; Hercule et Ulysse en Germanie, Tac, G., 3; en Bretagne, Solin, XXII, i.

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