‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 111 sur 792 · LA CONQUETE DU DANUBE · texte numérisé non relu

LA CONQUETE DU DANUBE

inaintenir son rôle de souverain et d'intermédiaire, que ces moitiés de son Etat ne se disputent et ne se disjoignent un jour. ( ►n venait de les voir s'entre-déchirer à Pharsale, à Philippes. à Actium surtout, la plus récente des grandes batailles, et celle où était le mieux apparue la lutte fatale entre l'Orient et r Occident '.

• Entre ces domaines divergents, la Méditerranée demeurait, par la mer Ionienne, le seul trait d'union naturel-. Mais au nord de cette mer Ionienne, tout séparait les deux mondes : l'Adriatique à demi déserte, ses rivages souvent inhospitaliers, les montagnes sauvages de larrière-pays. Depuis la colonie grecque de Dyrrachium, à l'origine des routes de la Macédoine % jusqu'à la colonie romaine d'Aquilée, au pied des cols des Alpes Juliennes", l'Empire romain se limitait à la côte, d'ailleurs mal surveillée et peu fréquentée '. Au delà, ce n'étaient que rudes peuplades, illyriennes et autres, ou débris des royaumes fondés par les Celtes de Ségovèse "^ : Rètes et Vindélices du côté des Alpes, Noriques et Pannoniens dans l'angle du Danube, Dalmates et Mésiens du côté des Balkans, et, plus loin, en haut et en bas de la grande vallée, les empires naissants des Suèves et des Daces'. Ces multitudes inconnues s'interposaient entre l'Orient et l'Occident de l'Empire ; elles obstruaient les routes qui menaient de Gaule et d'Italie en Macédoine et en Grèce '^ ; elles rendaient inutile à l'Etat romain et au monde civilisé la grande voie du Danube, pourtant aussi nécessaire à l'un et à l'autre que

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