‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 123 sur 792 · DRUSUS ET LE PLUS GRAND EMPIRE · texte numérisé non relu

DRUSUS ET LE PLUS GRAND EMPIRE

et décidées, son amour des entreprises éclatantes, apparurent comme des dons à la fois plus humains et plus héroïques'.

Il traitait les provinciaux, ainsi que tous les hommes, avec une exquise bonne grâce. Les Gaulois virent bien qu'ils étaient estimés de lui, et que sa bienveillance ne fut pas le simple dehors d'un esprit politique : ils eurent pour leur chef un culte de dévotion et de sentiment-, qu'ils continuèrent sur son fils et sur tous les siens^; et la religion de la famille de Drusus, un des épisodes les plus extraordinaires de l'histoire romaine, fit autant que la sagesse d'Auguste pour assurer la fidélité des Gaules à Rome et de Rome à la monarchie. Drusus fut vraiment le prince qu'il fallait pour inaugurer l'assemblée du Confluent, ce chef-d'œuvre de l'accord entre Rome et la Gaule*. Et, comme cette fondation réparait les mesures les plus vives d'Auguste à l'endroit des vaincus, on peut se demander si l'idée première n'en est point venue de l'àme noble et libérale de son fils.

Drusus résolut donc de reprendre les guerres occidentales de Jules César, là où le proconsul les avait arrêtées, et de constituer avec la Germanie un plus grand empire de Rome '.

Auguste ne pourrait contenir toujours l'élan cinq fois séculaire qui portait le peuple romain vers la conquête de tout. Les guerres civiles n'avaient pas changé les pratiques invétérées de l'État et les pensées des citoyens. Une armée immobile à la frontière, avec une vie de garnison et des veilles aux remparts, était une chose dont on n'avait point l'habitude, et qui paraissait indigne de la majesté du peuple divin. Pendant longtemps, on occupa les troupes du côté du Danube : l'Illyrie soumise, d'autres expéditions s'imposaient pour que les légions gar-

1. Cf. Tac, Ann., IV, 72: Sén., Ad Marc, 3, I : Non mirais (jloriosi qiiam civilis animi; Suét., CL. 4.

2. Discours de Claude, C. /. L., XIII, 1G68; Sén., Ad Marc, 3, 1; Suétone, Cl., 1, 3; cf. p. lOG, n. >.). p. 113.

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