‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 124 sur 792 · Florus, II, 30, 27; Sén., Ad Marciam · texte numérisé non relu

Florus, II, 30, 27; Sén., Ad Marciam

classent leur raison d'être traditionnelle. Si le soldat avait besoin de la marche et de la a-uerre comme de ses métiers lésritimes, le peuple romain désirait de la gloire, des nouvelles qui fissent sensation, les spectacles des grands triomphes : cela était devenu sa vie, autant que le pain de l'annone et les jeux du cirque. Beaucoup en voulaient à Auguste de cet amour de la paix, qui leur semblait un sentiment contre la nature romaine. Pour apaiser ces scrupules, on annonçait de temps à autre de grandes campagnes contre les Parthes ou l'île de Bretagne'. On les préparait ostensiblement; mais elles ne se faisaient point'. — Cela, sans doute, prêtait à rire chez les voisins et les ennemis de l'Empire. L'immobilité des légions du Rhin ne faisait qu'enhardir les Germains : quand ces sortes de Jîarbares voient une armée qui n'avance pas, ils la bafouent et méprisent son peuple. En l'an 16 \ Sicambres, Usipètes et Tenctères massacrèrent les marchands italiens ou gaulois établis sur la rive droite, franchirent le fleuve, surprirent une légion, lui enlevèrent Taigle et revinrent sans être inquiétés '*. — Auguste laissa faire Drusus.

1,. Cf. Horace, Odes, I, 21, 15: 35, 29-30: 111, o. .3-4: 4, 33; etc.

2. Auguste annonça en 35-34 (Dion, XLIX, 38, 2) et en 27-25 (LUI, 22, 5; 25, 2) la guerre de Bretagne, et dit venir en Gaule à cet effet (p. .55, n. 8). 11 se borna à accueillir des rois bretons (Res g., 6, 2, 2'= éd., p. 138- 140: cf. Hiibner, R.-E. Wissowa, III, c. 867). Strabon déclarait que la Bretagne rapportait plus par , les droits de douane qu'elle ne rapporterait par la conquête (IV, 5, 3) : il ne lait peut-être qu'exprimer l'avis d'Auguste.

3. C'est le désastre, fameux sous l'Empire, dit de LoUius, alors légat dans les Gaules. La date de 17 est également possible (Julius Obséquens, 71).

4. Dion, LIV, 20, 4-6; Velléius, II, 97, 1; Strabon, VII, 1, 4 (qui nomme à ce 'i propos le chef de la bande, le Sicambre Ulelon); Suétone. Aitg., 23, 1; Tac, Ann., I, 10. Les chroniqueurs du Bas Empire semblent avoir interverti les faits, à moins que Lollius n'ait réussi à prendre une sérieuse revanche (Jérôme, a. d'Abraham J 2000: Eusèbe, a. 1998 [1999], II, p. 142, Schœne ; le Syncelle, I, p. 594, Bonn). — L'ennemi dut passer non loin de Xanten. La légion surprise fut la V* (on a dit la V° Gallica plutôt que la V° Alaudœ), peut-être campée à Vetera. Elle dut être dissoute à la suite de ce désastre et remplacée par une autre V<= (Alaudœ : on a, il est vrai, supposé aussi que ces deux noms désignent la même troupe). — C'est à la suite de cet événement qu'Auguste vint en Gaule (p. 55. n. 8) et y installa Tibère, en 16-15. Et c'est peut-être alors, au cours de la chasse aux envahisseurs (Suét., Tib., 9, 2), que Tibère établit 40 000 Sicambres sur la rive gauche (p. 103, n. 2).

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