Fustcl de Coulanges. La Cité antique, p. 248 et s
3. C'est ce que les écrivains appelaient, en appliquant le mot aux prati(|ues de Piome. vclustissimuin morem viclis parccndi (Tite-Live. XXXIII, 12, 7).
4. Textes chez Motninsen, Staatsr.. III, r^ éd.. p. 066-7. Cf., pour TK^ypte, Slrabon. XVIl, 1, 5; pour la Bithynie, XII, 3. 2; etc.
5. Tite-Live, VIII, 14, 2. — Peut-être est-ce dans ce sens qu'il faut interpréter la parole de César, refusant de reprendre son épée, enlevée par un Gaulois et suspendue dans un temple du pays : car « il la jugea sacrée », hpbv ï)Yo-jp.Evo; (Plutarque, César, 20).
DU MÉLANGE ENTRE VAINQUEURS. ET VAINCUS. lo
révoltes. Mais la politique de l'Etat romain allait sans cesse veiller à écarter ce danger, à faire que ces cités ou ces nations eussent plus de motifs d'obéir que de s'insurger, de s'adapter au présent que de s'attacher au passé ^
Quelques crimes que César et les Romains aient commis dans la Gaule, ils s'épargnèrent celui de la supprimer elle-même, j'entends par là de supprimer son nom, les formes présentes de sa vie, les mots et les lieux où étaient fixés les souvenirs de son passé-. Tous ces êtres que le récit d'une histoire déjà longue nous a rendus familiers, villes populeuses telles que Bibracte, peuplades séculaires telles que les Eduens, antiques dynasties de chefs, vastes domaines de l'aristocratie, sociétés de grands prêtres et dieux éternels du sol, et le nom même et la personne de la Gaule, nous allons les voir continuer leur vie, comme si le temps de la conquête en avait été un simple épisode ^ Et si, après le passage du proconsul, cette Gaule n'était plus qu'un corps épuisé, sans énergie et sans souffle^, il n'en subsistait pas moins, toujours vivant, pourvu de ses organes traditionnels.