‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 14 sur 792 · T. III. p. 114 et suiv · texte numérisé non relu

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par nature, des agents de destruction'. Mais, l'œuvre de mort achevée, il était rare que le vainqueur supprimât les sociétés humaines, nations, cités, tribus, peuplades ou ligues, encore qu'il eût anéanti les édifices et les familles qui les constituaient.

Pour un Grec ou un Romain, ces sociétés n'étaient pas seulement des réunions d'hommes, elles étaient encore des personnes religieuses. Elles avaient leurs dieux propres, leurs lieux saints, leurs fêtes communes, leur nom collectif, magique et sacré". Ces choses, vieilles et divines, le vainqueur ne se sentait point toujours le droit, le courage ou le pouvoir de les abattre \ Dix fois vaincu, le nom ou la ligue étrusque survivait sous les lois de Rome, avec ses cités fédérées, ses assemblées périodiques, ses dieux et ses chefs nationaux '*. — Cela, bien entendu, n'était plus qu'une image sans force, un cadre sans vie, comme les ombres des hommes qui s'agitaient aux enfers.

A cette pratique, le peuple romain trouvait un double avantage. D'abord, il respectait les formes religieuses qui avaient une fois pris naissance sur la terre, et les dieux des vaincus, ainsi caressés, s'attachaient à le servira Puis, ces groupes politiques, cités, tribus ou peuplades, étaient des cadres naturels prêts pour recevoir les lois du nouvel empire : il gouvernerait mieux et plus vite en s'aidant des habitudes anciennes qu'en créant des règles nouvelles. — Il est vrai qu'un danger restait à craindre : ces cadres, ces sociétés, ces chefs, pouvaient servir, dans une heure de colère, à assembler des conjurés et à organiser des

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