LES ARMEES HUMAINES DU RHIX
exploitant le pays, tous tenant de l'armée leurs moyens de vivre ou leur raison d'être : voilà ce qu'est surtout la Germanie romaine.
Cette armée n'est point, loin de là, composée entièrement d'Italiens et de Romains. Les cinquante mille auxiliaires sont en très grande majorité des provinciaux', parmi lesquels des hommes des contrées lointaines', beaucoup de Germains^ et plus encore de Gaulois *. Des corps de Germains , le plus
\. La seule troupe auxiliaire formée d'Italiens est Yala Picentina en 70 (Tac. H., IV, 62). — Il devait y avoir des Italiens, mais aussi des provinciaux, dans les suivantes. — Ailes : / Prœtoria Civium Romaiiorum: I Flavia Sinyulariain Civium Romanorwn (Tac, //., IV, 70; constituée dès le début avec même des Germains); Sulpicia Civium Romanorum. — Cohortes : F, II Civium Romaiiorum (surtout des affranchis?; cf. Suét., Aug.. 25, 2); VI Ingenuorum Civium Romanorum: XV, A'.Y/?, XXIV. XXV, XXVI, XXX, XXXII Voluntariorum.
2. Surtout d'Espagne, au moins parmi les cohortes. — Ala I Hispanorum. — Cohortes : /, II, V Asturum, Asturum et Callœcorum ; V Bracarauguslanorum; Il et V Hispanorum; I Ligurum et Hispanorum; I Lucensium Hispanorum; III Lusilanorum equitala?. — Cohortes Vasconum amenées en 69 (Tac, H., IV, 33).
En aussi grand nombre, troupes d'IUyriens. — Ailes : Noricorum; Scubulorum [?]; Silav[.]nensium [?]; / Thracum'K — Cohortes : F/?, VIII Breucorum; IIl, IV, V Delmatarum; Latabiensium[Tj ; I Pannoniorum; II Rœtorum Civium Romanorum, VI, VU Rœlorum, Rœlorum et Vindelicorum (Tac, Ann.. II, 17); IV Vindelicorum: I Thracum, I Thracum Civium Romanorum Germanica, IV Thracum (cf. Tac, H., I, 68), VI Thracum.
En bien moins grand nombre, des Orientaux. — Ala Parthorum Veleranu'!. — ■ Cohortes : / Flavia Damascenorum miliaria equilala Sagiltariorum, en Germanie Supérieure; peut-être de même genre, / Sagiltariorum, en Germanie Supérieure; / Ilurœorum (Sagittariorum). en Germanie Supérieure.
Très peu d'Africains, — Ala Afrorum, en Germanie Inférieure. — Cohors II Augusta Cyrenaica, en Germanie Supérieure.
La présence de ces archers orientaux s'explique par le désir d'avoir des hommes de trait à opposer à ceux des Germains (cf. t. 111, p. 42, et ici, p. 347, n. 3). Et je crois bien ijue des considérations d'ordre militaire ont dicte la plupart de ces choix,
3. Ailes : ala Batavorum (Tac, H., IV, 17-8); / Canninefatium (cf. Tac, Ann., IV, 73). — Les huit cohortes Batavorum (equitatœ), formées sans doute par Drusus (Tac, Ann., II, 8; //., IV, 12). — Autres cohortes : cohortes Xemelum (cf. Tac, .4nn., XII, 27): Lbiorum (cf. Tac, H.. IV. 28): Vangionum (cf. Tac, Ann.. XII, 27); Canninefatium? (Tac, //., IV, 19); coliors II Varcianorum'??. — Cohortes I Germanica, I Germanorum Civium Romanorum (celle-ci composée d'affranchis".', cf. n. 1).
4. I. Gaulois de Belgique. — Ala Trcverorum (Tac, .Ann., 111, 42; //., II. 14, 28; IV, 18); une autre aile primitivement de Trévires est peut-être Vnla Gallorum Indiana (Tac, Ann., III, 42, 46; p. 157). — Cohortes : / Helvetiorum: I Sequanorum et Rauracorum equilata; Treverorum equitala; cohortes .\erviorum (Tac, //,, IV, 33): cohortes duœ Tungrorum (Tac, //., Il, 14; cf. IV, 16). — On remaniuera qu'il n'y a là que des Belges voisins de la frontière, — Les cohortes Belgarum, sans nom spécial de cité, qui paraissent mentionnées ailleurs (cf. Tac, //., I\', 17;
célèbre et le plus nombreux était celui que formait l'ensemble des huit cohortes bataves \ Parmi ceux des Gaulois, on citait les escadrons des cavaliers trévires et les cohortes des fantassins nerviens -. Car, comme autrefois, c'était la Belgique qui produisait les meilleurs soldats''.
A côté de ces auxiliaires, l'armée légionnaire, quoique composée seulement de citoyens romains, n'était pas assez homogène pour faire contrepoids aux troupes indigènes. Depuis longtemps, Rome et l'Italie ne suffisaient plus à fournir de soldats les vingt-cinq légions qui gardaient l'Empire, et ce qu'elles leur donnaient en hommes baissait peu à peu de valeur \ Pour remplir les cadres, on recourait chaque jour davantage aux
c. Seplimia Belgarum'?, C. I. L.. Xlll. 6687), sont peut-être formées des autres cités de la Belgique, qui, après tout, étaient seules vraiment belges (t. il, p. 48U). — 11 est bien probable que les cohortes Lingonum. Nerviorum, Morinorum, qu'on trouvera ensuite en Bretagne (p. 206. n. 1), ont d'abord servi sur le Rhin.
II. Gaulois de Lyonnaise. — Peut-être les alœ suivantes : Augusta Gallorum Petriana (cf. Tac, H.. I, 70: l'inscription de Strasbourg, A. ép., 1907, n° 77. peut faire supposer aussi une origine trévire); // Gallorum Sebosiana (Tac, H., 111. 6); Flavia Gallorum Tauriana (cf. Tac, H., I, 59 et 64: p. 187, n. 6). — Peut-être cohors IH Gallorum. — 11 est possible que ces cohortes Gallorum correspondent à celles que souleva Sacrovir (Tac. Aun., 111, 43: p. 157, n. 9); cf. encore cohortes GalUcse (Tac, Ann., II, 17), Gallorum (//., I, 70). — Encore, p. 551, n. 1.
III. Gaulois d'Aquitaine. — Cohortes : I Aquitanorum Veterana, II Aquitanorum, m Aquitanorum, IV Aquitanorum Civium Eomanorum; I Aquitanorum Biturigum, I et // Biturigum (se rattachent peut-être à la précédente). — Les Aquitains seuls désignent sans doute les Aquitains proprement dits ou gens de la Novenipopulanie, les Bituriges et .\quitains Bituriges peuvent désigner les Aquitains d'origine gauloise, parmi lesquels les Bituriges étaient des plus importants (p. 71, 69, 91).