‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 165 sur 792 · XV. - LES ARMÉES ROMAINES DU RHlN'i · texte numérisé non relu

XV. - LES ARMÉES ROMAINES DU RHlN'i

La population indigène comptait pour peu dans ces deux gouvernements de Germanie. Ce qui leur donna une physionomie propre, ce fut l'élément militaire. Huit légions-, soit près de cinquante mille hommes % un nombre égal de soldats auxiliaires', un nombre égal d'esclaves ou de A^alets au service des officiers et de la troupe % un nombre égal encore de marchands, de vivandiers, de colporteurs, de femmes et d'enfants installés près des garnisons", au-dessus, un nombre important d'officiers et de fonctionnaires", en tout, au moins deux cent mille hommes échelonnés le long du Rhin, maîtrisant ou

1. Pour ce qui est du service militaire comme obligation politique, ch. Vil, § 8.

2. Ces légions étaient, a la mort d'Auguste (Tac. Ann., 1, 37, 45, 51) : — Germanie Supérieure : 11^ (Augusta). peut-être dès lors à Strasbourg (C. /. L.. Xlll. 5975-8), Xlll" (Gemina). peut-être dés lors à Windisch (C. /. L.. Xlll, 5206), la XVl" et la X1V° (Gemina Martin Victrix). toutes deux à Mayence; — Germanie Inférieure : la P et la XX" (Valeria Victrix) à Cologne, la V" {Alaudœ) et la XXP (Rapax) à Vetera. — Cf. p. 125, n. 4.

3. On donne pour TefTectif d'une légion des chilTres variant entre 5000 et 6000 (cf. Marquardt, Staativerwaltumj. 2" éd., 11. p. 455; ici, t. 111, p. 175). Mais il faut rapprocher des légionnaires les vexilla veteranorum (Tac, Ann., 1, 39 et 44).

4. Alx ou escadrons de cavalerie, à l'effectif normal d'environ 500 hommes, ou (pour les miliariœ) de 1000. Cohortes, également de 300 ou de 1000; la majeure partie est d'infanterie: pour les equitatœ, il y a un quart de cavaliers. — Nous donnons plus bas (p. 137-138) la liste de tous ceux de ces corps dont la présence est signalée, à un certain moment, sur le Hhin. Elle n'est certes pas complète : beaucoup d'ailes et de cohortes qu'on trouvera en Bretagne depuis Claude, doivent venir de Germanie. D'autre part, plusieurs de celles que nous mentionnons ne sont pas restées longtemps sur le Rhin. Le nombre de ces corps a donc pu varier entre 60 et 80, 40 et 60 000 hommes. Ce qui double l'efTectif des légions. — Ce doublement est d'ailleurs la règle. En 14, Germanicus part avec 12 000 légionnaires tirés de 4 légions, 26 cohortes, 8 ailes, soit 34 corps auxiliaires, qui devaient bien faire également 12 000 hommes (Tac, Ann., 1, 49; cf. 56 et 59; IV, 5; Hist., 11, 89; Suét., Tib., 16, 1; etc.). — D'ordinaire, chaque légion avait ses cohortes auxiliaires attitrées : par exemple, la XIV^ était flanquée des 8 cohortes bataves (Tac, //., 1. 59). Les ailes étaient plus indépendantes. — Sur les plus anciens des corps auxiliaires du Rhin, Ritterling, Bonner Jahrb., CXIV-V, 1906, p. 182 et s.; Xissen, ib., CXI-XII, 1904, p. 62. Sur chacun d'eux. Cichorius ap. Wissowa, B.-E.. I, c. 1228 et s., IV, c. 237 et s.

5. Tac, //., 11, 87 (cjui dit même calonuni niimerus amplior); IV, !.">; etc. Le chiffre a dû varier suivant les règlements du légat.

Page 1