XVII. — RAPPORTS DE ROME AVEC LA GERMAXIE
Les Romains, témoins émerveillés de ces colossales batailles, applaudissaient comme aux combats de l'amphithéâtre, et se réjouissaient des discordes insensées où se perdait, sans danger pour eux, le meilleur du sang germanique. Plaise aux dieux, s'écriait Tacite, que cette démence continue! elle est la meilleure garantie de nos frontières'. — Je ne sais si Tacite et les Romains voyaient juste. Après chacune de ces querelles, c'étaient des foules fugitives qui se pressaient aux bords du Rhin, exaspérées par la faim et la peur, souvent plus dangereuses qu'une troupe de soldats réguliers, et il fallait courir sus à ces bandes de désespérés, qui se glissaient par les intervalles de la frontière et ravageaient tout. Avec elles, aucune entente n'était possible, aucune protection n'était suffisante '. Si Rome avait eu pour voisin un Etat homogène, des relations auraient pu s'établir entre elle et lui, des règles se fixer pour résoudre les litiges de frontière. Mais ce monde instable de peuplades, de tribus et de bandes ne se prêtait à aucune politique générale et suivie ^ Les légats impériaux devaient négocier à part
1. Après 69, au plus tard en 97? Tac, G., 33: Pline, Ep., Il, 7, 2.
2. En 90? Tac, G., 36; Dion, LXVIl. 5, 1, p. 176, Boissevain.