Tac, Germ
5. Cf. Tac, Ann., XI, 18; XII, 27; Xlll. 54-6; Suélone, Tib., 41.
6. Cf. Fustel de Goulanges, Invasion {Instilulions, II), p. 327-8.
146 DRUSUS, GEUMANICUS. ARMIMUS.
avec chacun de ces groupes, et, à tout moment, un caprice imprévu des Barbares amenait sur un point la rupture.
Le meilleur moyen que Rome trouva pour garder la paix, ce fut de se créer des amis dans chaque peuplade. On a vu, par l'histoire d'Arminius, que cela lui fut fort facile ^ A ses clients, elle envo3'^ait des cadeaux de toute sorte"-, elle donnait le titre de citovens ^ elle payait le voyage de Rome, d'où les Barbares revenaient éblouis pour le reste de leur vie '". Elle faisait parfois davantage, et fournissait aux tribus des chefs pour les commander, et à ceux-ci des centurions pour instruire leurs troupes, des gardes pour les maintenir au pouvoir". Et, moins d'un demi-siècle après Yarus, l'on vit un jour les Chérusques eux-mêmes, la propre nation d'Arminius, députer à l'empereur pour qu'il consentît à leur expédier un roi (en 47) '\
Il V eut ainsi, au delà du Rhin et du Danube, une zone de peuplades germaniques dont les empereurs escomptaient l'amitié intermittente. Cela permettait aux trafiquants installés à Trêves ou près des camps, d'organiser des caravanes qui partaient pour les marchés de l'Europe barbare'. Quelques-unes allaient vers les rives de la Baltique, entraînées par cette convoitise de l'ambre qui depuis plus de dix siècles mettait en mouvement tous les marchands de la terre ^
Mais l'incertitude des lendemains germaniques, la prudence dont Tibère fit la loi de l'Empire, rendirent assez rares ces aventures, et Rome ne les poussa jamais très loin. Elle eût pu