‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 208 sur 792 · Ici. p. 108, 111 et 1G · texte numérisé non relu

Ici. p. 108, 111 et 1G

que la terre s'élargît devant le soldat, et on ne savait où fixer la frontière. En Bretagne, le pays s'amincissait à mesure qu'on pénétrait plus avant, on trouvait chaque jour devant soi moins d'ennemis et moins de mystères, et l'on savait qu'il faudrait à la iin s'arrêter au bord de l'Océan. Puis, cette belle contrée, avec ses pâturages, ses blés, ses mines et ses pêcheries', semblait une proie beaucoup plus riche que la Germanie. Depuis trois siècles que les Gaulois avaient conquis l'Angleterre', le Midi s'était complètement transformé, et la vallée de la Tamise valait alors amplement celle de la Somme. Les Etats combattus par César ^ ne firent que progresser après son départ; et, partant de là, de proche en proche, la culture celtique gagnait le reste de l'île ^ et l'Irlande elle-même'. Il n'était pas besoin de la présence des légions pour que les peuples apprissent les métiers et les arts de la paix. Des rois frappaient de bonnes monnaies d'or, à la manière des Celtes d'autrefois ^ Les industries du métal, du bijou, de la céramique devenaient fort prospères ; elles se formaient d'elles-mêmes à toutes les élégances de l'art décoratif, et les ciseleurs de la Bretagne gauloise surent imaginer des motifs d'ornement, dune souplesse et dune variété infinies, qu'auraient pu envier leurs confrères d'Alexandrie'. Plus que les chefs germains de ce temps, les dynastes de

1. Strahoii. IV, 5. 2; Solin. XXII, lU: cf. t. I. p. 80, 419-420, 321-2, t. III, p. 323.

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