CONQUETE DE LA BRETAGNE
rUe se sentaient attirés par les êtres et les œuvres du monde civilisé. De temps à autre, ils envoyaient des ambassades au César de Rome\ Ils savaient le latin, et c'est en cette langue qu'étaient gravées les légendes de leurs monnaies-. Les fils de Comm l'Atrébate, l'ancien adversaire de César % avaient oublié les injures de Rome et se tenaient en bons termes avec les héritiers du proconsul \ Des deux côtés de la Manche, c'était un trafic continu de marchandises, verroteries, objets de parure, lainages et chiens'. Comme la Gaule avant César\ la Bretagne allait, pour ainsi dire, à la rencontre de ses conquérants.
Claude songeait peut-être autant à la possession de la mer qu'à celle de la terre. Il était de ces hommes de cabinet qui, chose étrange ! se passionnent subitement pour les affaires de la mer. Des empereurs, c'est celui qui travaillera le plus pour les ports de l'Empire'. Il a dû souhaiter, comme son père Drusus. que la mer du Nord devînt une Méditerranée latine : l'occupation de la Bretagne se rattache à la même idée que celle de la Frise et que les projets sur le Hanovre maritime. Une fois maître du détroit, installé à Londres et à Hull, ainsi qu'il l'était déjà dans tous les Pays-Bas, l'Empire faisait siennes les routes de l'Océan et leurs miraculeuses pêcheries : et l'on sait que les hommes de ce temps, gros mangeurs ou lins gour-
1. P. 1()8, n. 2, p. 162, n. 6 : avec celte remarque, que les Latins ont présenté ces ambassades comme des fuites de rois, reges supplices.
4. Comm avait fondé TEtat des Atrebates de Bretagne, correspondant en partie au comté de Berks, autour de Calleva, Silchester (PtoL, II, 3, 12), dans une admirable situation, au centre de la grande route méridionale ou de l'isthme de Reading(t, III. p. 355-6) : il est vraisemblable que cet État étendit assez loin sa souveraineté, remplaçant dans le principal celui de Cassivellaun (t. III. p. 355-6, 359). Les rapports de Comm et de ses trois fils avec Rome résultent des légendes de leurs monnaies, toujours en langue latine, Tincus ou Tincommius, Eppillus, Verica, Coinmii filius (on trouve même rex en latin pour Verica), et de l'appel fait à Claude par un Bip'.y.o;, qui semble de celte famille (Dion, LX, 19, 1).