‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 222 sur 792 · Voyez ses elTorls pour répandre le latin, p. 177, n · texte numérisé non relu

Voyez ses elTorls pour répandre le latin, p. 177, n

un seul chef, celte ou iielge, qui ne fût bourgeois de Rome'. Claude ne voulut même pas que ce droit de bourgeoisie restât simplement honorifique ; il demanda que ceux des Gaulois qui le possédaient fussent d'emblée les égaux des habitants de ritalie, pussent même entrer à la curie et même devenir consuls-. Quand ce projet vint devant le sénat (48), il suscita de terribles colères chez les Romains fidèles à la tradition ^ Claude prit alors la parole, et, dans un discours qui nous a été conservé", long, difîus, étrange et incohérent, mais plein de malice, et noblement inspiré par l'intérêt de l'humanité entière, l'empereur historien montra que la loi divine de Rome, depuis son origine, était de faire de tous les peuples une seule patrie '.

Comme il était l'empereur, on lui donna raison ^ Les mécontents se vengèrent par des épigrammes. « Il va habiller en Romains », disait-on, « tous les Grecs, tous les Gaulois, tous

1. P. 219. Le fait, que la presque totalité des citoyens romains des Gaules (autres (jue la Narbonnaise), sont inscrits dans la tribu Quirina. tribu de Claude (p. 240), semble indiquer de sa part une mesure générale pour assurer aux peuplades, sinon le jus Laiii, du moins l'équivalent de ce droit en ce qui concerne l'accès à la cité romaine : cet équivalent, c'est l'octroi personnel du titre de citoyen au.x " principaux », priinoi-cs. sénateurs ou magistrats (Tac. Ann.. XI. 23; cf. p. 246). La multiplicité des Claudii en Gaule ne peut venir (jue de cet empereur (cf. Tac, H., I, 68 et 69; IV, 18 et 33; Dion, LX. 17, 7). — Plus spécialement, il dut donner le jus Latii aux Geutrons de la Tarentaise et à Martigny ou Oclodunis (Pline. 111 135; cf. C. I. L., XII. p. 21; ici. p. 172, n. 5, p. 81, n. 8).

2. S'agit-il de tous les Gaulois faits citoyens? Certainement non. D'abord Tacite dit primores (n. 1). ensuite il dit fœdera pridem asseculi : il ne peut donc s'agir que des magistrats de cités alliées (cf. p. 249-250). Il y a eu quantité d'espèces que nous ignorons (voyez la remarque de Mommsen, p. 245, n. 1). Tac, XI, 23.

3. Ce projet fut provoqué par le fait du renouvellement de la curie, et par l'initiative de Gaulois candidats à cette curie (XI. 23); cf. p. 178, n. 3. 11 résulte bien de cela que lejuscivitatis accordé aux provinciaux ne comportait pas la plénitude de l'assimilation. Cf. p. 256-257.

4. En partie : C. /. L.. XIII, 16Q8. Tables de bronze trouvées à la cùte Saint- Sebastien, jadis exposées sans doute dans une dépendance de l'autel, aujourd'hui au Musée de Lyon; Allmer et Dissard. Musée, I. p. 58-62; ici. p. 437, n. 1.

5. C. I. L., XIII, 1608; Tacite a arrangé le discours (XI, 24).

6. Tac. .'XI. 25 : le droit ne fut accordé d'abord qu'aux Éduens, ce qui veut dire qu'on admit alors dans le sénat seulement un ou plusieurs membres de celte nation; mais l'exemple de Vindcx (p. 180, n. 7) montre qu'il fut bientôt étendu à d'autres peuples.

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les Bretons, tous les hommes : laissera-t-il seulement un étranger comme graine'? » Et l'on voulut le faire passer pour un sot". Mais la sottise restait du côté des railleurs. Cette espérance d'un genre humain qui serait Rome, ce réA'eil de l'esprit de conquête, cette fièvre de bâtir et de trafiquer, ces visions grandioses de travail et d'avenir, tout cela était chez l'empereur Claude un héritage laissé par son père Drusus et formé par César ^

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