‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 221 sur 792 · CLAUDE FAVORISE LA GAULE · texte numérisé non relu

CLAUDE FAVORISE LA GAULE

Cette fois, toute la Gaule voit s'étendre sur elle la parure monumentale de la vie romaine '.

Bien des usages indigènes disparurent alors, d'eux-mêmes ou du fait des lois. Passé le règne de Claude, il n'y a plus trace des anciens titres nationaux qu'avaient conservés jusque-là quelques chefs de cités : au lieu de vergobrets. ils ne s'appelleront plus que préteurs ou duumvirs, ce qui les rendra, du moins en apparence, semblables aux magistrats municipaux des colonies romaines-. Auguste n'avait interdit qu'aux citoyens les rites druidiques : Claude les proscrivit absolument ^ et même les plus inofîensifs, même l'usage de « l'œuf de serpent » comme talisman porte-bonheur \

Cela donne à penser qu'il eut le projet très arrêté de plier le monde suivant la forme romaine". S'il tracassait ainsi les vaincus, ce n'était pas pour les amoindrir, mais, tout au contraire, pour les élever en dignité. Après les règnes d'Auguste et de Tibère, si avares du titre de citoyen, les portes de la cité se rouvrirent brusquement à tous les peuples. Il n'y avait plus

Héjiusiaves. théâtre de bois remplacé par un théâtre de pierre (XIII. 1642); constructions à Tours (3070-7): à Marseille (Pline. XXIX. 9); etc.

1. Il se passe alors en Gaule ce qui se passera en Bretagne sous Domitien. où nous voyons le légat Agricola présider lui-même à cette transformation matérielle du pays (Tac. Agi-.. 21) : Hortari privaLim. adjuvare publiée., ut templa, fora, doinos exstruerent, laudando promplos et caslùjando segnes. Et sans doute les légats de Gaule ont dû, en ce temps-là, instituer des primes à la construction.

2. Plus loin, p. 337-8. La dale est conclue d'après l'âge probable des inscriptions.

3. Druidaruni religionein apud Gallos dirse iininanitatis et tantuin civibus snb Augusto interdictam penitus aholevit; Suétone, Claude, 25, 5. Il est cependant probable que Tibère abolit au moins les sacrifices humains, même de la part des indigènes (Pline. XX.X, 13; cf. p.66. n. 2, p. 155, n. 3), et les lit remplacer par des simulacres (deh'6a«<. Mêla, III, 2, 18) : ce sont ces simulacres mêmes que Claude aura proscrits.

4. Cf. t. II, p. 165. On disait qu'il avait condamné à mort un chevalier romain du pays des Voconces pour avoir porté un « œuf de serpent » in lite in sinu (Pline, XXIX, 54). Ces mesures contre les druides doivent se ratlacher à celles qu'il prit contre les astrologues en 52 (Tac. Ann.. \\\. 52). Cf. p. 21J1. — Sur les débals (lu'a provoqués en France, en I879-18SU, cette (juestion de la suppression des druides, entre autres : d'Arbois de Jubainville, Rev. arcli., n. s., .X.KXVIIL, déc 1879; Duruy, td.,X.KXIX, 1880; Fustel de Coulanges, id., ci Nouvelles Recherches (Comment le druidisme a disparu, 1879-80). Cf. ici, p. 66, n. 2, p. 155, n. 3, p. 288, n. 1 , i>. 344, n. 3.

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