‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 249 sur 792 · MARICC, PROPHÈTE DES GAULES · texte numérisé non relu

MARICC, PROPHÈTE DES GAULES

établis au temps des grands empires gaulois', et d'où elle était repartie, à l'époque de Jules (^ésar, pour se joindre aux Helvètes et revoir à leur suite la Gaule de l'ouest-, berceau de sa race^ C'était merveille que ces hommes eussent survécu à la victoire de César, qui, par pitié pour eux, les avait installés chez les Eduens". Derrière leur faiblesse présente se cachaient les plus glorieux vestiges du passé celtique. Ce nom boïen fut jadis fameux entre tous les noms de nations gauloises; l'Italie et le Danube, Rome et la Grèce le redoutèrent également. Maintenant, dans le monde entier, il n'en reste plus que ce faible lambeau".

J'imagine que ces derniers des Boïens n'avaient point oublié leurs hauts faits et leurs misères d'autrefois. Ces souvenirs, cette miraculeuse conservation, ce périlleux retour au foyer national, étaient de nature à exalter leurs âmes, et ils pouvaient se dire la cité élue pour chasser l'étranger et restaurer la Gaule ''. Surexcités par les souffrances et les colères des derniers mois, ils crurent venu le moment de la liberté, et rien n'arrêta plus leur pieuse fureur.

Un prophète, Maricc, se leva parmi eux, qui se déclara « le champion des Gaules », envo3"é et inspiré par les dieux, et dieu lui-même'. La tribu tout entière l'accepta pour chef. Huit mille paysans se groupèrent en armes autour de lui; et, au nom de l'indépendance de la Gaule, la folle troupe, délirante en sa foi, provoqua le peuple et les chefs de Rome".

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