L ANARCHIE ET L INCENDIE DU CAPITULE
On essaya, autour de l'empereur, de remettre un peu d'ordre en Occident'. Les plus encombrants des Barbares furent renvoyés dans les camps du Rhin, par exemple les Bataves à Mayence-; les soldats de fortune fournis par les cités gauloises durent rentrer dans leurs foyers ^ — C'était une grosse faute". Éloignés de l'Italie et des profits qu'ils escomptaient, ramenés tout d'un coup à la monotonie du camp ou de la maison, ces hommes ne songent plus qu'à fomenter de nouveaux troubles; et, comme ils connaissent maintenant le faible de l'Empire, l'idée d'une insurrection nationale grandit parmi eux. Rome avait trop demandé à ses auxiliaires barbares pour pouvoir les écarter à sa guise : elle en était venue à l'alternative de subir ou leur loi ou leur révolte. D'ailleurs, après leur départ, et alors qu'ils étaient trop loin pour revenir à temps, Vitellius eut besoin d'eux contre un nouveau rival.
Les légions d'Orient avaient proclamé Vespasien (juillet)'. Entre les deux armées, une troisième s'interposait, celle du Danube. Placée à mi-route de l'une et de l'autre, au centre de l'Empire, à la frontière de l'Italie, c'était de son attitude que dépendraient les destinées de Rome. Mais chez elle, les éléments italiens dominaient. Les Barbares de Vitellius lui firent horreur ^ Elle accepta Vespasien, et, prenant les devants, elle entra en Cisalpine par le col de Xauporte (août)'. — G est
1. Retour lmi Bretagne de la XIV*' (p. 187, n. 0, p. 108. n. 2). à laquelle, pour lui faire éviter Vienne, on fit prendre un chemin détourné (Jlexu itineris), par Turin, les Alpes Grées ou le Petit Saint-Bernard, Conllans, et, de là, sans doute Annecy et Genève : c'est à Conflans, je pense, que les plus hardis voulurent prendre un instant la route de Vienne (II, 06). — Autres renvois de troupes, p. 201, n. 6.