L'ANARCHII-: ET L'INCENDIE UU CAPITOLE
l'Occident dans la plus prodigieuse des aventures. Yalens. le plus audacieux des généraux vitelliens, débarqua à Monaco pour se frayer un passage à travers la Narbonnaise. Il voulait, coûte que coûte, rentrer en Gaule, assembler là tout ce qu'il pourrait d'hommes, soldats ou non, Celtes ou Germains, sujets ou ennemis de l'Empire, et ensuite, nouvel Hasdrubal, convier ces multitudes barbares à la défense de Vitellius et à la curée de l'Italie'. — Mais, arrêté, dès le début-, il se rembarqua, fut rejeté par le vent sur les îles de Marseille " et capturé par les amis de Yespasien*. L'Occident resta sans chef et sans volonté.
A la fin, c'est la frontière elle-même qui craque et s'entr'ouvre. Sous prétexte de prendre fait et cause pour Vespasien, un chef batave, Civilis, soulève ses tribus et les mène à l'assaut d'un camp légionnaire'. Les Germains secouent leur torpeur et recommencent leurs brigandages '\ On parle aussi, ce qui est plus grave, de la mise en mouvement de la nation dace ".
Bientôt, une nouvelle plus sinistre encore courut par tout l'Empire. Les soldats d'Illyrie, entrés dans Rome, durent la conquérir rue par rue. Au cours de la dernière bataille, le feu fut mis au Capitole, et le temple de Jupiter, le dieu conservateur et propagateur de l'Empire romain, s'abîma dans les flammes. Pour ces hommes d'autrefois, dévots, crédules, Imaginatifs, interprétant les moindres choses comme les marques visibles de volontés divines, l'incendie du Capitole ne fut pas un
1. ut ... Gallias et cxercitus et Gennanix gentes... cierel: III, 41 et 62; IV, 13; V, 26.
2. A Monaco (portuin Uerciilis Monœci), où il débarqua, venant de Pise, pour rejoindre Maturus, le gouverneur des .Mpes Maritimes, demeure lidèie à Vitellius (p. l'JO, n. 7); m, 42.
3. Stœchadas MassUiensiiiin. III, 43. Ce nom désigne ici les iles du Frioul, Pomogue et Ratoaneau, et non les iles d'Hyères; t. I, p. 29.
4. m, 43. Une tloltille de Ubumicœ, envoyée de Fréjus, alla opérer sa capture.