VIII. — LE COMPLOT NATIONAL EN GAULE
C'est en Gaule que l'incendie du Capitole fut salué avec le plus de joie. Le jour espéré et prévu par les amis de Yindex et par le prophète Maricc était enfin arrivé. Les prêtres et les devins des campagnes, derniers héritiers de l'église druidique-, prédirent aussitôt la chute de Rome et la ruine de l'Empire : le feu du temple romain était, chantaient-ils, le flambeau allumé par les dieux pour servir de présage à la gloire d'un empire nouveau, celui des Gaules'.
Il y avait cent vingt ans, depuis que Yercingétorix s'était rendu à César, que ce mot d'empire gaulois n'avait plus été prononcé*. Mais ni le temps de ce long siècle ni les ouvrages des empereurs n'avaient suffi pour l'effacer de la mémoire des hommes. L'histoire de Maricc venait de révéler que les humbles
1. Voyez tout le développement de Tacite. III, 71-2 : Id faciitus post conditain Lrbein lucluosissiinuin, etc. Cf. Arrien, Entretiens d"Épictète. I, 7. Ici, p. 9.
2. Druidœ canebant, IV, 54. Cf. t. Il, p. 108, n. 11, p. 108-11. — Il est possible qu'il y ait quelque rapport entre cette réapparition des druides et les mesures prises par Viteliius contre les astrologues (Tac, H., II, 62; Suét., Vit., 14, 4; Dion, LXV, 1, 4).
3. Falali nunc igné signum cxlestis irœ datum, et possessionem reruni Uunianaruni Transalpinis gentibus portendi: IV, .54. Il devait y avoir chez les Gaulois la croyance que l'incendie était un signe céleste; cf. t. 11, p. 173, n. 7.