LE COMPLOT NATIONAL EN GALLE
des campagnes croyaient toujours à la vertu magique de ce mot. Ces chants et ces prophéties de prêtres montraient que les dieux et les héros de la Gaule avaient encore leurs dévots. Le groupement des chefs autour de Vindex, de Galba et d'Othon, leurs mystérieux serments en face de Vitellius, prouvaient que les cités celtiques n'avaient renoncé à aucun de leurs rêves d'entente et de liberté '.
Le complot s'ébaucha partout, pendant que les armées du Rhin et du Danube se disputaient l'Italie et Rome (décembre). Mais les résolutions générales furent discutées à Cologne-, et arrêtées par les chefs qui commandaient les troupes auxiliaires*.
Les trois principaux furent Sabinus, de la cité des Lingons^, le Trévire Tutor, officier dans l'armée du Rhin \ et Classicus, trévire lui aussi, chef d'un escadron de son peuple °. Lingons et Trévires s'étaient récemment battus contre les Celtes de Vindex". Mais on voulut ne plus se souvenir de cette lutte fratricide, et ne songer qu'à l'union des Gaules.
De Cologne, des messages furent expédiés à toutes les cités. On les supplia de courir aux armes, de se lever pour la défense de la liberté \ En attendant leurs résolutions, les conjurés tâchèrent de prendre les devants et de rendre inévitable la rupture avec l'Empire.