LA GAULE FIDÈLE A CÉSAR
détresse où dix ans de guerre l'ont laissée' ; son impuissance invétérée- à s'entendre dans des résolutions communes-; le départ forcé des principaux chefs à la suite de César -^ ; la présence de Jjonnes garnisons^ et de gouverneurs énergiques, tels que Décimas Brutus'; la précaution prise par le proconsul de donner le pouvoir, dans les cités, à des familles dont il soit sur''; un espionnage sévère exercé dans tout le pays par les marchands, qui l'ont déjà envahi ' ; peut-être le plaisir, nouveau chez les Gaulois, de vivre enfin sans querelles et sans partis ^ 3Iais tout cela ne suffît pas à expliquer l'ahdication de la Gaule pendant la dictature de César, pendant les quinze ans de guerres civiles qui suivirent le passage du Rubicon. Et je me demande si la nation n'a pas eu, pour se résigner à être romaine, des raisons plus nobles et plus profondes que la crainte et la misère : le respect sacré du héros qui l'avait maîtrisée, ou la fidélité religieuse à des paroles solennelles de soumission prononcées devant Alésia^
Lorsque César, après la mort de Pompée et de Caton, put enfin célébrer à Rome son triomphe sur la Gaule*" (juin 46"),