‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 266 sur 792 · XI. — LA PROCLAMATION DE L'EMPIRE DES GAULES · texte numérisé non relu

XI. — LA PROCLAMATION DE L'EMPIRE DES GAULES

Civilis et les conjurés gaulois n'en persistèrent pas moins dans leurs rêves désormais stériles'. — A l'autre extrémité de la terre, en ce moment, le petit peuple juif luttait dans Jérusalem pour un rêve semblable -. Mais Germains et Gaulois firent piètre figure à côté d'Israël, et n'eurent ni son audace ou son courage ni sa foi dans le passé ni son espérance dans l'avenir.

L'accord une fois conclu avec le Batave, les trois chefs gaulois brusquèrent les choses ^

Yocula et ses légions, revenant de Mayence, descendaient le Rhin afin d'en finir avec Civilis. On était presque en vue de \^etera, lorsque les Gaulois auxiliaires quittèrent subitement l'armée, et allèrent camper en face d'elle, enseignes contre enseignes, camp contre camp^. C'était la révolte. Il eût été possible à Vocula d'en avoir raison. Mais il eût fallu, pour cela, tenir en main les légions. Or celles-ci, en ce moment, lui échappaient.

Ces légions, la I'' et la XVI-, tenaient garnison sur le Rhin depuis les temps d'Auguste ^ Elles ne l'avaient jamais quitté. Mille liens d'amitié les unissaient aux auxiliaires gaulois et aux indigènes des environs, surtout aux Trévires. Beaucoup d'entre leurs soldats étaient d'origine belge. Le titre de citoyens romains, qu'ils portent tous, n'est, pour le plus grand nombre, qu'une apparence. De naissance, de séjour, d'esprit et de mceurs, les deux légions sont devenues à demi gauloises", dans le

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