‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 273 sur 792 · L'ASSEMBLEE DE REIMS · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLEE DE REIMS

Reims prirent l'initiative d'une assemblée solennelle : ils écrivirent à tous les peuples de désigner des députés, et ils leur donnèrent rendez-vous dans leur ville même^ — Reims était alors, avec Trêves, la plus grande cité du Nord. Peut-être existait-il entre elles querelles et jalousies. Les Trévires avaient toujours bataillé contre Rome -, les Rêmes lui étaient demeurés obstinément fidèles, exemple unique de religieux esclavage ^ C'est à Reims que résidait le gouverneur de la Belgique ^ Que cette nation ait eu le désir d'une pareille réunion, que les Gaulois se soient rendus à son appel, c'était déjà un indice que le parti de la paix romaine serait le plus fort.

L'assemblée, cependant, semble n'avoir subi ni la présence ni la pression d'un fonctionnaire romain •. Elle s'inspirait, non pas du conseil provincial qui se réunissait devant l'autel de Rome et d'Auguste'', mais des grandes assises de la Gaule indépendante; elle rappelait cette convention nationale qui avait I jadis confié à Vercingétorix le pouvoir suprême '. Et cela donnait à l'assemblée une autorité plus grande et vraiment souveraine, une majesté presque divine. C'était la Gaule d'autrefois, ressuscitée en ces jours, qui parlerait aux peuples et réglerait leurs destinées.

Le spectacle qu'elle offrit fut unique et grandiose. On ne trouve rien, dans l'histoire du monde antique, qui soit semblable à ce peuple, reprenant vie après un siècle de servitude, et, de lui-même et tout d'un coup, se recréant suivant les formes nationales de son passé, délibérant ensuite gravement sur les leçons de ce passé et sur les devoirs de l'avenir.

Car la question fut nettement posée par les Rèmes, entre

I. [{fini^, qui per Gallias edixere, ut inissis Icjatis in commune consultarent; IV, 07. 2 T. 111, p. 394-5, 06:3, t. IV, p. 6:j.

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