Venientis exercitiis fama; IV
2. Voyez le discours de Vociila aux lésions révoltées (IV, 58).
4. La phrase de Tacite est admirable, encore qu'il ne soit pas sur que'riiistorieu ait voulu l'effet produit sur nous par le contraste : Projectis fœdcris Romani inonumentis (Jxsarcin se salulari jubrl; IV, (37; Dion, LXVI, 3, 1.
5. Tullius Valentinus. Le gentilice est donné IV, 68. sous la forme Tulius. J'hésite beaucoup h corrijrer en Julius, comme on fait toujours.
6. Et (jui campa chez les Nerviens et les Kburons (t. III, p. 383-4 et 404-6).
Rome, César et Auguste déterminent, chez ces hommes, leurs sensations les plus fortes. A Trêves où paradent les uns, à Reims où s'assemblent les autres, il n'y a pas un seul monument qui ne date de l'ère impériale. Portes, tours et remparts, arcs, temples, thermes et amphithéâtres font de leurs villes des images neuAes de la Ville Eternelle. Dédicaces de sanctuaires, inscriptions d'autels, épitaphes de tombeaux, ce qui dure et ce qu'on voit y parle la langue latine. Comme magistrats de leurs peuples, ces Gaulois s'appellent duumvirs ou édiles; comme officiers de leurs troupes, préfets ou centurions; comme prêtres de leurs dieux, sacerdotes ou flamines. Ils sont vêtus de la toge et de la tunique latines. Leurs divinités ont pris pareillement les insignes, les costumes et les noms des vainqueurs, et nul ne reconnaît plus Tentâtes ou Esus sous le manteau de Mercure ou le casque de Mars'. Même si la Gaule avait recouvré l'indépendance, elle n'aurait pu se dégager de la forme et de la foi romaines.
Je sais bien qu'il ne s'agit là que des chefs, des grandes villes, des dieux principaux. Le bas peuple, la foule des paysans gardaient leurs vieux Génies, leurs sorciers, le parler national, le culte de leurs traditions : les vrais cris de liberté, dans les temps dont nous racontons l'histoire, ont été poussés par les campagnards de la Loire et la populace de L^^on. Mais ce n'étaient point ces hommes qui avaient à gouverner leur pays et à diriger ses destinées : l'aristocratie aurait eu honte de les suivre, et les bourgeois d'Autun aidèrent les cohortes romaines à briser l'élan du prophète Maricc-. Puis, qu'importaient le plus souvent au vulgaire ou l'Empire romain ou l'Empire des Gaules? Ce qu'il fallait aux paysans, c'était la joie de la terre, les routes bonnes et sûres, les moissons engrangées, et les Génies du sol joyeux dans leurs niches : on avait tout cela, mieux que jamais,