‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 335 sur 792 · L ACCES AU DROIT DE CITÉ · texte numérisé non relu

L ACCES AU DROIT DE CITÉ

il obtenait, avec son congé, le titre et les droits de citoyen romain'. Il n'y avait donc point d'ancien soldat honorablement congédié, qui ne portât ce titre.

Outre ces deux manières, légales et périodiques, d'atteindre à la cité romaine, il y en eut bien d'autres, qui échappaient à tout règlement. Si l'on fondait une colonie romaine, c'était un usage de prendre pour colons, à côté des immigrants amenés d'Italie ou des camps, quelques hommes du pays, auxquels, bien entendu, on donnait au préalable le droit de cité- : soyons sûrs qui! y eut nombre de Gaulois du terroir parmi les premiers colons des villes de la Narbonnaise, des Yolques à Nîmes ou des Salyens à Aix^ Quand les empereurs donnaient la liberté à leurs esclaves germains et gaulois, c'étaient autant de citoyens romains qu'ils laissaient sur le sol celtique *. Il n'importe à Licinus, le fameux pillard des Gaules, d'être d'origine barbare : l'affranchissement a fait de lui un citoyen, il a pu devenir intendant d'Auguste, et, tout comme un Civilis ou un Sacrovir, fils ou petits-fils de rois, cet ancien esclave de César est un Romain et nnJulius'\ Puis, il y a les mille formes de l'arbitraire. Comme c'était une de leurs prérogatives souveraines de pouvoir créer des citoyens ^ les princes furent tentés d'abuser de ce droit au gré de leurs caprices. Il suffisait de leur plaire, de flatter quelque femme delà cour, quelque chambellan du palais, pour obtenir le titre convoité". Les empereurs amis du passé, Auguste, Tibère, résistaient à ces demandes ^ Sous Caligula et sous Claude, ce

Page 1