CLASSES ET ORDRES DE NOBLESSE
sans être encore héréditaire, Tlionneur sénatorial entraîne des avantages et des devoirs pour les descendants de celui qui l'a reçu\ Un sénateur ne paie pas les mêmes impôts que le reste des citoyens-. Il a ses juges spéciaux, qui sont à Rome\ Rome est sa résidence naturelle, son séjour de droit"; et, si éloigné qu'en soit son domicile réel, quand bien même il n'apparaîtrait jamais aux séances du sénat ', il n'en garde pas moins, par tout l'Empire, sur la multitude des provinciaux, la prééminence de son titre de sénateur de la Ville Eternelle ^ — Toutes ces prérogatives du sénateur, au temps des Antonins et des Sévères, ne sont pas choses nouvelles. Elles ressemblent fort exactement à celles du membre de la cité au début de l'Empire'. Le jour où les Romains furent trop nombreux pour conserver leurs privilèges, le sénat offrit les siens à l'élite des hommes. Ses droits étaient l'image des anciens droits du citoyen. Le peuple romain d'autrefois se survivait en son ordre souverain.
En imposant à l'Empire son cadre municipal, Rome lui imposa donc en même temps les formes traditionnelles de son régime aristocratique. Le sénat l'avait gouvernée au temps de la République ^ : la noblesse sénatoriale gouvernera la terre au temps des derniers empereurs ^
C'était, pour l'humanité, jouer de malheur. L'Empire romain,
1. Depuis Auguste, lex Julia de 736= 18 av. J.-C, Digeste, XXIII, 2, 44, 1. Cf. Mommsen, III, p. 460 et s.
2. Le point de départ de cette fiscalité spéciale apparaît sous Commode; Dion, LXXII, 16, 3; cf. LXXYII, 9, 1-2. Cf. ici, p. oao.
3. Sauf exceptions; C. Just., II, 13, 1 (loi de Claude le Gotliiiiue, rappelée en 293); C. Théod., IX, 1, I (317).